Médiathèque La Malle d'Allionis
9 Août 2026

Châtelaillon au siècle de la technologie
L'éclosion du vingtième siècle marque le triomphe de la technique qui bouleverse la vie quotidienne et la vie sociale. Le développement du chemin de fer, l'avènement de l'automobile, la naissance de l'aviation transforment le rapport à l'espace. Le désir de voyage participe à cette ruée vers les bains de mer. La cité balnéaire de Châtelaillon prend sa part dans cette métamorphose de civilisation. Les codes habituels de la société urbaine vont s'en trouver confrontés à une réalité nouvelle, sans repère et avant même la grande guerre qui bouleversera davantage encore la donne des rapports sociaux, une nouvelle forme de liberté balnéaire voit le jour.

Le siècle de l'automobile
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Après la révolution ferroviaire couronnée par l'arrivée du train à Châtelaillon en 1874, une autre innovation va bouleverser le paysage urbain de la cité : l'avènement de l'automobile. Châtelaillon voit arriver ce phénomène modifiant de façon significative l'usage de la voie publique. Celle ci n'est plus le domaine privilégié du piéton, du cheval ou des charrettes.

La révolution de l'aviation
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Ce début de XXe siècle est marqué par l’avènement de l’aviation qui fascine le public. Depuis le premier vol motorisé des frères Wright réalisé le 17 décembre 1903… sur deux cents soixante mètres, les vols motorisés autonomes inaugurent cette activité encore risquée.
De jeunes pilotes militaires vont présenter leurs performances en se rendant dans les régions françaises. Lucien Deneau est l’un d'eux. Mécano à Chartres en 1909, il passe chez Blériot à Pau. Le 25 juillet 1909, Louis Blériot entre dans l’Histoire. Pour la première fois, un homme traverse la Manche en avion. L’exploit connaît un retentissement considérable dans le monde entier et marque une étape fondamentale dans l’histoire de l’aviation.
Lucien Deneau, au cœur de cette aventure naissante, obtient son brevet de pilote après seulement huit jours de navigation. C'est le début d'un parcours exceptionnel pour cet aviateur casse-cou qui, malgré ses audaces, évitera les accidents et vivra jusqu'à quatre-vingt cinq ans.
Entre juin et septembre 1912, Lucien Deneau survole la région Niortaise et la Charente Maritime aux commandes de sa Libellule. Les performances sont réalisées aux risques et périls de l’aviateur qui va se poser dans des endroits non prévus pour les atterrissages. Deneau est le premier pilote aérien et le seul à être passé sous le tablier du pont Transbordeur de Rochefort le 1er août 1912. Cette prouesse unique lui vaut de se voir décerner une médaille commémorative le 27 août 1912.
Il part le lundi 5 août de Mauzé pour la Rochelle, après avoir survolé la ville il atterrit au parc d’artillerie de Beauregard, puis reprend son vol et se pose ensuite sur les glacis en pente douce des fortifications entre les portes Royales et Dauphine avant que son appareil soit déplacé manuellement jusqu’au jardin militaire. Le soir du 5 août, il évolue au dessus de Châtelaillon, atterrit alors en vol plané, malgré un vent violent sur la haut de la plage au milieu de centaines des baigneurs ébahis.
Le 11 août, parti à 7 heures du matin de Châtelaillon, Deneau survole La Rochelle et la Pallice et se pose sur la place de la Couarde dans l'île de Ré, au grand étonnement des Couardais. L'aviateur confie son appareil à la garde de quelques témoins présents et se rend au bourg pour se réconforter d'un petit vin blanc qu'il déclare excellent et en profite pour faire une provision de cigares. Puis reprenant les commandes de son appareil, il revient directement à Châtelaillon. Quelques instants plus tard Deneau repart, survole Fouras où il jette une quantité de prospectus avant de regagner à nouveau Châtelaillon.
« Le soir un grand nombre de personnes visitèrent l'appareil, une libellule Blériot, moteur Gnôme de 50 H.P., puis Deneau exécuta de nombreux vols sur la mer, seul et avec deux passagères, me Brousse, d'Hanoï, et Mme Couraud de Limoges, partant et atterrissant sur la magnifique plage de Châtelaillon avec la plus parfaite aisance. Le public très nombreux fit de chaleureuses ovations à l'aviateur. Deneau volera à Châtelaillon jusqu'au 15 août ». Courrier de La Rochelle 13 août 1912