street art

Les bonnes feuilles

 

 

Elle écrit des poèmes sur 86 feuilles mortes, éparpillées dans New York

 

 

86 feuilles, pas moins, sur lesquelles la graphiste s’est vengée d’une vilaine période pour les États-Unis. « La semaine a été super difficile. J’étais émotionnellement épuisée, comme tout le monde. L’apathie post-électorale, associée à quelques décisions personnelles que j’ai dû prendre. C’est pourquoi j’ai décidé de créer ce projet 86 Leaves, avec des citations manuscrites de poèmes », explique-t-elle sur son site. À travers différents squares de la ville, elle a donc rendu ces morceaux de nature aux habitants, avec l’espoir de faire sourire, rêver un instant. On a ainsi pu découvrir ses feuilles à Manhattan, Washington Square, Union Square, Madison Square, Bryant Park ainsi que Tompkins Square.
« Je parie que la plupart des feuilles n’ont pas été remarquées, mais certaines d’entre elles ont pu plaire à quelqu’un et le faire réfléchir. Nous avons tous besoin d’une manière pour faire face et appréhender nos émotions (surtout quand on ne peut pas se permettre de payer un thérapeute). »

Un hashtag se retrouve même sur certaines, #leavespoetry, pour prolonger l’aventure sur les réseaux et croiser quelques passants qui auront mis la main sur ces morceaux de poésie. Elle a pris des textes de la littérature américaine, mais également russe, écrits en cyrillique.

Isabelle Jobard : pour une poétique culturelle de la ville

 

Jobard 3

Isabelle Jobard

Artiste autodidacte, enseignante, comédienne, puis scénographe, se consacre à son art depuis bientôt 30 ans, en  développant un travail plastique  personnel, singulier  et vivant.
De 1980 à 1990, alterne l’enseignement, la création en Cie (théâtre d’objet), et débute une activité de scénographe au Musée d’Archéologie de Lons-le-Saunier. Dessine depuis toujours et use ses crayons de couleurs en proposant des travaux d’illustrations (édition et expo). Après une longue période (années 1990) consacrée à l’objet en association avec Véronique Bretin, architecte (Toutunpoème, collection d’objets singuliers pour la maison diffusée internationalement), reprend en 2000 son parcours de plasticienne  en solo.
En 2005, reçoit le soutien de la Drac Franche-comté avec une aide à la création, pour l’exposition « rimages-mirages » ( installation et images).

« Inscrivant sa démarche dans la continuité des Nouveaux Réalistes, son travail artistique élabore une poétique libre des objets du quotidien.  Son regard s’attache  à l’expression de leur plastique et à la polysémie de leur sens pour créer des « mises en jeu » scénographiques. La poésie se lie à l’humour dans des installations qui interrogent et se jouent du vécu humain comme d’une pièce de théâtre. Multipliant les ateliers avec le public dans le cadre des classes à PAC (Projet Artistique et Culturel) et laissant certaines de ses oeuvres à l’intervention des passants, l’artiste souhaite ouvrir les sens de chacun à sa perception plastique des choses. Intimiste et ludique, Isabelle Jobard fait partie de ces artistes qui conçoivent l’œuvre artistique par l’échange humain qui en résulte. »
Extrait du dossier de presse du pavé dans la mare, centre d’art contemporain à Besançon.

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Stanislawa Zacharko-Lagowska : les mots à la trace

 

Stanislawa Zacharko-Lagowska

Cycle de photographies « Oeuvre de Dieu ! »

 

Cycle de photographies « Oeuvre de Dieu ! » de Stanislawa Zacharko a été réalisé d'une manière très spécifique. En 2011 pendant son séjour a Lvov en Ukraine en se promenant dans la ville artiste a aperçu un tract dont elle ne comprenait pas le contenu. Elle a été intriguée par deux mots agrandi fortement sur un fond rouge et blanc : БОЖΑ CПРΑΒΑ! (« Oeuvre de Dieu ! »). Pas très loin de sa découverte elle a trouvée un autre, un peu plus loin des autres. Elle les a suivi ...

 

 

 

Stanislawa Zacharko-Lagowska

artiste photographe, historienne d’art.

Née en 1958 a Przemysl. 1977-85

Etudes Supérieures à l’Université Jagellonne, Cracovie – histoire d’art, 2003/4 Etudes Supérieures «Gestion de la culture» à l'Institut des affaires publiques à l'Université Jagellonne.

Travaille en tant que de la galerie BWA à Kielce en Pologne, critique d’art, curateur de nombreuses expositions. Travail artistique : crée formes spatiales d'osier, mis en œuvre dans le plein air en Pologne et en Ukraine, les peintures, la photographie artistique. Membre de l'Association Nationale de Créateurs en Osier, l'Association Polonaise des Photographes d'Art, Association des Historiens de l'Art. Nombreuses expositions en Pologne et Ukraine.

Autant artiste photographe elle est fascinée par des enseignes, affiches, dépliants fixes
aux parois, des inscriptions, des graffitis.

« Ce sont des annonces, des messages envoyés par quelqu'un qui espère que les autres vont les lire, et comprendre d'une manière l'expéditeur veut être compris. Mais la rue et sa langue est une création en constante évolution, sans cesse en évolution : les signes et les annonces disparaissent laissant vides, espaces vides si facilement sombrer dans l'oubli. Affiches sont couverts par d'autres affiches, dépliants sont arrachées, de nouveaux mots, des taches de peinture et de projections ajouté à inscriptions graffiti.

Très souvent, les accidents et la destruction transforment les anciens messages en nouvelles : des mots simples, parties de visages, des signes mystérieux créent ambiguë, parfois des commentaires moqueur. La matière dégradée, couleurs délavées, structures de désintégration créent des images émanant beauté et l'harmonie d'une œuvre. Parties de textes et contextes aléatoires créent de nouveaux slogans. Privés de l'environnement de la rue par l'acte de la photographie, encadrée d'une manière spéciale, ils créent une nouvelle qualité dans la communication ; mis en un espace et juxtaposés qu'ils reçoivent le commentaire d'un auteur.

 

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Article transmis par la correspondante pur la Pologne du Festival La parole est d'Art : WELA

 

Régis Crozat : quand la parole fait le mur

Dans le cadre de la manifestation NOMADE à Paris 3eme, l'artiste Régis Crozat a donné la parole aux visiteurs en leur offrant une palissade. (Voir l'article de ce blog du 3 mai dernier) Pour cette manifestation consacrée à la performance, c'est le public qui assurer cette performance en donnant vie à une parole spontanée sur la palissade vierge.

Crozat nomade

Lors du démontage de la palissade au terme du festival, les visiteurs pourront emporter s'ils le souhaitent les éléments de ce mur de paroles. Le bien commun deviendra alors la propriété privée de ceux qui saisiront cette opportunité.

Crozat pallissade 3

Murs-Murs à Paris

Sur les murs bache

Jacques VILLEGLE, Jef AEROSOL, Jérôme MESNAGER, MISS. TIC, NASTY, CHANOIR, SPACE INVADER, SPEEDY GRAPHITO, MOSKO & ASSOCIES...

50 œuvres de 50 artistes, plus habitués aux murs de Paris qu'aux établissements bancaires, squattent les murs du Crédit Municipal de Paris à partir du 1er avril 2015 pour fêter les 50 ans de l'art urbain à Paris !

Dans la continuité des expositions qu'il organise depuis 2011, le Crédit Municipal de Paris a choisi cette fois-ci de rendre hommage à l'art urbain, un art généreux, souvent éphémère, offert à l'imagination et à la réflexion des passants, quelles que soient leurs origines sociales ou culturelles. Un art dont les valeurs font écho à celles de l'établissement parisien ouvert à tous depuis 1637.

L'exposition présente un panorama de productions de 50 artistes français, à la fois œuvres d'ateliers et photographies des créations in situ, des années 1960 à nos jours. Elles sont le témoignage du foisonnement des techniques, des styles, des supports, des idées et des messages propres à l'art urbain apposés sur les murs d'une ville d'inspiration, Paris.

« Sur les murs » est une exposition du Crédit Municipal de Paris créée en association avec Bob Jeudy, président de l'association Le M.U.R. (Association Modulable, Urbain, Réactif).

Informations pratiques :
A la Galerie du Crédit Municipal de Paris
55 rue des Francs-Bourgeois 75004 Paris

Entrée gratuite

Du 1er avril 2015 au 13 juin 2015.
Du lundi au vendredi de 9h à 18h, jeudi jusqu'à 19h et samedi de 9h à 17h.

Vernissage, mardi 31 mars de 18h à 21h avec DJ STION, et les performances de KATRE et POPAY.

Pierre Fraenkel dans de beaux draps

Dans de beaux draps
Adopte une banderole! Tel est le mot d'ordre de Pierre Fraenkel, street artist mulhousien, qui recherche des draps et des volontaires pour une opération d'art de grande envergure le 20 mars 2015 à Mulhouse et environs.

« Les mots menthe », « Sois débrouille Art », « La chose fée du bien » : ces jeux de mots et expressions détournées sont la marque de fabrique du street artist mulhousien Pierre Fraenkel. On peut les découvrir un beau matin sur un panneau d'affichage, sur le pas de sa porte ou sur une banderole accrochée à un pont, un moyen pour l'artiste d'inscrire ses mots dans l'espace public. Il vient de lancer une opération de grande envergure, baptisé Dans de beaux draps, qui nécessite des volontaires sur Mulhouse et ses alentours. But du jeu ? Afficher une de ses banderoles, écrite en concertation avec l'habitant, le 20 mars 2015, jour du Printemps. Plus le nombre de participants est élevé, plus le challenge et le rendu seront intéressants. Et pour cela, Pierre Fraenkel a besoin de beaucoup de draps et tissus « de tous genres : beaux, moches, neufs, usés » pour réaliser ses banderoles.

 Banderole pierre fraenkel

Christian Robert-Tissot : le mot est un matériau comme les autres.


Krak robert tissot 1994

Christian Robert-Tissot Neuchatel 1994

"En 1995, après avoir désherbé un champ dans les montagnes du Jura pour en dégager en creux et à grande échelle le signe du recyclage, Christian Robert-Tissot réalisait que son « travail n’était pas lié à une technique spécifique mais qu’il était plutôt composé d’un ensemble de moyens multiples et convergents ». Dans la même veine, peu après cette première expérience, il installera Perdu de vue, des grandes lettres découpées, telle une enseigne sur le toit d’un bâtiment qui jouxte le Mamco, durant son exposition en 1996. Dès lors, sans pour autant délaisser le territoire de ses premiers travaux, une toile tendue sur châssis, il investiguera tous les supports qui peuvent matérialiser le plus familier et immatériel des « instruments » humains : le langage. Car c’est toujours aux signes linguistiques, qui forment le point focal de son travail, que s’intéresse C. Robert-Tissot. Il en joue, littéralement, dans tous les sens du mot, sans toutefois filer fleurette à l’art conceptuel. C. Robert-Tissot confère aux mots, au vocabulaire populaire, aux vocables particulièrement spécifiques au milieu de l’art, aux expressions stéréotypées et si «tendance » qu’elles nous viennent aux lèvres sans avoir eu le temps d’être tempérées par la réflexion, une densité plastique – parce qu’ils sont peints et mis en forme – une capacité insoupçonnée de réappropriation par le lecteur. Parfois la poésie pure du langage l’emporte, d’autres fois il se laisse gagner par l’enchevêtrement des représentations mentales, d’autres fois encore le jeu l’engage à poursuivre quelque plaisante dérive langagière, tant qu’il ne l’arrête pas au revers d’une réalité qu’il n’avait jusque-là pas pleinement mesurée.

C. Robert-Tissot puise dans une tour de Babel qui ose convoquer la multiplicité. On ne se risquerait à l’imaginer avant l’ère de l’ordinateur… remplissant des carnets (ils auraient pu être bleus) de mots entendus quotidiennement, de phrases à double sens, de qualificatifs déterminants et d’expressions à la mode. Et d’autres (rouges, ceux-là) couverts de multiples graphies, de polices de caractère qui parcourent tout l’échiquier typographique, des sévères caractères bâtons à ceux qui s’émoustillent de courbes et de découpes sauvages, en passant par la sobriété de ceux qui prennent l’apparence du « moderne ». Car l’ouverture à des possibilités illimitées de lecture tient à la convergence réussie de la maîtrise graphique, du travail de la représentation, des jeux des signes et des références."
(Source MAMCO)

Miss.Tic joue la fille de l'Art

"Je prête à rire mais je donne à penser"

Miss tic femme de l etre

Grande figure du Street Art, Miss.Tic a fait des rues de la capitale sa plus belle galerie. Depuis 1985, elle bombe au pochoir, sur les murs, des billets d’humeur illustrés de portraits de femmes, légendés de phrases pertinentes et impertinentes. Voici enfin réunies, dans un ouvrage,'"Je prête à rire mais je donne à penser") ces phrases à l’humour subtil et corrosif. Aphorismes, sentences, épigrammes, formules, épitaphes, jeux de mots, messages qui nous parlent de notre époque, de l’amour, du temps qui passe. Entre calembours et traits d’esprit, son écriture est jubilatoire, ses figures de mots transgressent les régles élémentaires de notre langage et de nos lieux communs. Ces textes révèlent une expérience artistique libre, singulière et provocante. (Source Editions Grasset)

Mis tic fille de l art

Malte Martin : Etre lettre

Etre

"Être", sur le parvis de l 'ESAM de Caen 2008

(photo : Blog ESAM)

A l’occasion du Mois de l’architecture contemporaine en Normandie, L'école supérieure d'arts et médias de Caen invite le graphiste Malte Martin à imaginer un dispositif d'écriture monumentale qui liera, dans une trilogie, le coeur historique, une place reconstruit après guerre et l'école sur la presqu'ile qui préfigure l'aménagement urbanistique à venir pour la ville.

Malte Martin, designer graphique / plasticien
Né à berlin, le 27 mai 1958
Graphiste et plasticien, il anime un atelier graphique qui explore tous les domaines de la création contemporaine : théâtre, danse, musique, cinéma. Ses influences sont multiples. Il débute son parcours par une formation dans la lignée du «Bauhaus», avant d’intégrer les Beaux-Arts de Paris et entrer dans l’atelier Grapus.
Aujourd’hui, il poursuit son voyage dans le monde visuel avec son atelier graphique et Agrafmobile, théâtre visuel itinérant pour investir l'espace urbain et les territoires du quotidien. Un espace d'expérimentation entre création visuelle et sonore, entre gestes et signes.L’Atelier graphique Malte Martin est un atelier de création visuelle.

Rero : « What you see is what you get »

ReroExposition  2014
Galerie Paris-Beijing
Hôtel Winssinger, Rue de l'Hôtel des Monnaies 66, 1060 Brussels

A mi-chemin entre art urbain et art conceptuel, Rero interroge d'un côté le contexte de l'art, de l'autre les codes de l'image et de la propriété intellectuelle à travers un acronyme qui apparaît régulièrement dans ses œuvres : WYSIWYG (What You See Is What You Get). Détournement et auto-censure — il barre ses messages d'un épais trait noir —  sont les maîtres mots de ses recherches sur la négation de l'image.
Fortement imprégné de philosophie et de sociologie, il ne cesse d'interroger les codes de notre société, notamment autour des notions de consommation et d'obsolescence, sans jamais juger mais en proposant au regardeur de le faire. L'artiste questionne les limites de l'intime avec ce que nous rendons public, volontairement ou involontairement, consciemment ou inconsciemment, notamment sur Internet. Par une construction radicale, où tout doit être montré et rien ne doit être caché, Rero détermine la limite entre l'intérieur et l'extérieur. 
Né en France en 1983, Rero a présenté ses œuvres dans de nombreuses institutions publiques comme le Centre Georges Pompidou, Le Musée en Herbe, le Musée de la Poste, Confluences à Paris ou encore l'Antje Øklesund de Berlin. Plus récemment, son travail a bénéficié de nombreuses expositions en France, aux Etats-Unis, en Italie, en Allemagne et en Suisse.

source : http://www.reroart.com/news/index.html

Rero Centre Pomidou

Installation réalisée dans le cadre de l'exposition EX SITU au Centre Pompidou.
Mai/Juin 2013
en collaboration avec Sarah Mattera

SpY, un espion dans la ville

Spy error

SPY

Le mot "ERROR" a été peint sur la façade d'un immeuble des environs de  Stavanger en Norvège (Nuart Festival 2014)
Street artiste espagnol, SpY est né en 1975 et travaille à Madrid. Ses interventions dans l'espace urbain cherchent à créer une parenthèse dans la vie formattée des citadins. La plus grande partie de sa production provient de l'observation de la ville et une appréciation de ses composants, non pas comme éléments inertes, mais comme palette de matières débordant de possibilités. Les pièces de Spy veulent être une parenthèse dans l'inertie automatisée de l'habitant urbain.

Spy

Récemment , il a réalisé une oeuvre pour La Nuit Blanche à Paris: « I'm not a real Artist ». Maîtrisant le happening urbain, SpY appose pour Nuit Blanche cette phrase en lettres phosphorescentes sur le mur du 73 de la rue du Chevaleret. L’artiste espagnol, qui intervient dans l’espace public depuis les années 80, a commencé avec le graffiti avant de détourner les affiches et le  mobilier urbain qu’il transforme ou reproduit de manière ironique ou décalée avant de les réintégrer dans la rue. Travaillant aussi bien le pochoir, le collage, la soudure, que le bois ou la pierre, ses interventions portent une dimension ludique tout autant que politique qui interpellent le citadin en lui proposant une autre perception de son environnement.

Sean Hart : la parole s'affiche

"Ne pas jeter sur la voie publique"

Sean hart


" D’après une biographie officielle, c’est en 1997 qu’il découvre le potentiel créatif de la rue en tombant nez à nez avec des graffitis dans les rues de Saint-Étienne. Comme toute une génération d’artistes, c’est à leur contact que le jeune homme est entré dans l’art et a conçu son propre langage fait d’apostrophes et de formules philosophiques.
Après une scolarité à l’École Nationale Supérieure des Arts de Strasbourg et de nombreux projets photographiques ou vidéo, il intervient avec la série Night’s Almost Gone sur des matelas laissés à l’abandon dans Paris, travail qu’il prolongera avec Fuck The Sandman. Car la surprise a dû être au rendez-vous pour ceux qui sont tombés, à la dérobée, sur cette affichage non-conforme disposé sur les quais du métro. Fond noir, lettres blanches soulignées, l’artiste emprunte au lexique publicitaire pour diffuser ses appels à la révolte ou à la réflexion. Comme ici à la station Mairie des Lilas. Son intervention se prolonge d’ailleurs dans les rames où le plasticien saisit les espaces réservés en général à la réclame pour y apposer ses “phrases chocs” et susciter un dialogue avec les passagers, premiers spectateurs de son travail. Sean Hart se distingue par la collision entre un propos volontairement intellectuel et un médium qui ne pourrait être plus démocratique."

(Source :http://www.konbini.com/fr/inspiration-2/sean-hart-street-art-metro/ )

Pierre Fraenkel : la parole fait le mur

Que serais-je sans toit ?

Son mode opératoire est simple : il prend son pot de peinture et de colle sous le bras, dégote un panneau d'affichage libre, et passe à l'acte devant le regard surpris des passants et parfois même de la police. Pourtant, cette pratique est totalement légale : « Tout le monde peut utiliser ces panneaux si c'est à but non lucratif. Mais personne ne le fait sauf les associations. Moi, mon rôle, c'est de dire que si un jour les gens ont quelque chose à dire, ils peuvent le faire avec ce support. »
Lui ne s'en priva pas, collant à tout va. Jusqu'à 250 affichages dans toute la France. Car il faut coller beaucoup pour être vu, dans la mesure où une œuvre peut être recouverte 10 minutes après la pose. « C'est le revers de la médaille mais ça en vaut le coup », confie l'artiste. Il aime bien rester et voir la réaction des passants, et découvrir le sens qu'elle prend sous d'autres yeux, des sens auxquels il n'avait même pas pensé.
Frankael
Mais comment un artiste sortant des Beaux-Arts en vient à investir la rue ? Il y a bien sûr la difficulté à se faire une place dans le monde de l'art, mais aussi un déclic venu d'un négatif trouvé par terre il y a cinq ans, représentant deux gamins dans les années 30. « Je suis curieux et sentimental, alors je l'ai développé en grand format et affiché de façon sauvage. J'ai ensuite acheté beaucoup de photos sur les marchés aux puces. Pour moi, elles ont un caractère vivant, c'est un moment qui a existé et que j'aime faire revivre », nous dit-il en nous montrant une photo d'un inconnu dans son portefeuille, côtoyant celle de son neveu.
Un impact visuel
Après les images, est venu le temps des mots, « un langage plus rapide et plus lisible». Mais il y avait un hic, un problème d'orthographe : « Plutôt que de me galérer à faire des fautes, j'ai commencé à écrire des mots phonétiquement. Je me suis rendu compte que je faisais de la poésie, que cela avait plus de force visuellement», déclare celui qui ne ne s'embarrasse plus à conjuguer le verbe faire mais écrit vite «fée », bien «fée ».
Extait de Pierre Fraenkel s'affiche   (www.jds.fr)

Untel : une page blanche dans la ville.

350 mètres d’images en continu pour les Rencontres de la photographie d’Arles, en juillet 1976

Untel arles 76

Dans cet univers que le sociologue américain David Riesman appelait «La foule solitaire», c’est un groupe formé d’individus innommables qui s’en prend aux médias, au marché, au tourisme, à la publicité pour mieux toucher du doigt les maladies de la vie sociale urbaine. Le groupe Untel fut un collectif d'artistes créé en 1975 à Paris par Jean-Paul Albinet, Philippe Cazal et Alain Snyers. Ces copains étudiants d’écoles d’art ont eu pour objectif pendant cinq ans d’aborder « La vie quotidienne en milieu urbain ». Déjà le nom du groupe annonce cette volonté de situer cette action dans un anonymat peut-être destiné à fondre leur regard dans un environnement où chacun ignore l’autre, où l’invisibilité des individus contribue à l’abandon d’un regard critique.
Avec leur action lors des Rencontres photographiques d'Arles en 1976, ces artistes anonymes donnent la parole au public dans les rues de la ville en mettant à leur disposition cette longue page blanche.

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