performance

Les mots d'UNTEL

 

 Untel Villeurbanne

Rencontre / débat avec le groupe UNTEL

| 19:00
→ IAC
Présentation par le critique d'art Cyrille Bret, d'UNTEL, son histoire et son contexte de création et d'évolution au cours des années 70.
Soirée animée par Cyrille Bret, interrompue par les Mots d'UNTEL


Cyrille BRET
Professeur d'histoire de l'art à la HEAR depuis 2014 après avoir été ATER à l'université Lyon 2 et s'être occupé de médiation et de programmation culturelle pour l'Iac, le macLYON et la Biennale de Lyon, sa démarche historienne est nourrie par l'anthropologie et les sciences de la cognition. Ses recherches portent principalement sur les formes de rationalité esthétique, le pluralisme ontologique des œuvres d'art, et depuis peu sur les questions de globalisation artistique. Il est l'auteur d'un essai intitulé Robert Filliou et sa « recherche ». Les enjeux plasticognitifs de la Recherche sur l’origine, Québec, Inter éd., 2010. Il est également poète et/ou performeur, et participe à la revue BoXoN (Lyon) depuis 1998.

UNTEL
La Boîte UNTEL, Collection IAC, Rhône-Alpes est présentée dans l'exposition Collection'15 juqu'au 14 février 2016. En savoir plus
UNTEL est un groupe d’artistes constitué, à l’origine, de Jean-Paul Albinet, Philippe Cazal et Alain Snyers (Wilfrid Rouff prend la place d’Alain Snyers suite au départ de ce dernier en 1978) dont l’existence brève mais passionnée, de 1975 à 1980, a donné vie à de nombreuses actions dans l’espace public. Le dénominateur commun de ces actions est l’investigation du quotidien, investigation sociale et politique, à des fins critiques, très imprégnées des idées contestataires de mai 68 et de la pensée situationniste.
Le groupe effectue une analyse critique de la société dans ses contradictions et procède à une mise en oeuvre permanente de tous les moyens dont il dispose, en s’emparant des matériaux qui existent dans le quotidien et en réalisant des interventions dans l’espace urbain.
Les préoccupations et interrogations des artistes, insérées dans la réalité sociale, s’expriment et se visualisent par le choix et le traitement des supports (affiches, photographies, images, objets, notes, sons, etc.).

Pilobolus, le corps de la Lettre

Pilobolus

 

Collectif dont le nom évoque un champignon (pilobolus), la compagnie est créée par quatre danseurs du Dartmouth College influencés par le travail d'Alwin Nikolais. La compagnie met en avant les qualités athlétiques de la danse, sur l'illusion et sur la malléabilité des corps.La compagnie reçoit en 2000 un American Dance Festival Award pour l'ensemble de ses productions, une première pour une troupe de danse Elle donne de nombreux spectacles, aussi bien aux U.S.A. que lors de tournées internationales, et s'est produite en mars 2012 à Paris aux Folies Bergère, dans le spectacle de danses d'ombres Shadowland.

 

Pilobolus2

Untel : L'art d'être touriste

 

Untel chemise

 

Après LA BOÎTE UNTEL puis LE SAC UNTEL et son succès à la FIAC en 2013, mfc-michèle didier demande au groupe UNTEL de réactiver sa performance Touriste de 1978. Cette dernière consistait, pour les trois membres du groupe UNTEL, à déambuler dans les rues d’une ville pour se faire prendre en photo en duo par un passant, cette action étant simultanément documentée par le troisième compère. Ils étaient chacun affublés d’un costume «Touriste», un ensemble veste-pantalon de peintre en bâtiment blanc et tee-shirt, l’ensemble sérigraphié et badgé du mot touriste. Les trois costumes d’époque seront les pièces maîtresses de l’exposition.

UNTEL est un groupe d’artistes constitué de Jean-Paul Albinet, de Philippe Cazal et d’Alain Snyers (remplacé en 1978 par Wilfrid Rouff). Son existence brève mais passionnée, de 1975 à 1980, a donné vie à de nombreuses actions dans l’espace public, notamment la reconstitution au Grand Palais du Déjeuner sur l’herbe d’après Manet à l’occasion du Salon des artistes français (1975); Fashion Show, défilé de mode simulé dans la Grande Galerie du Louvre en tenue de Touriste (1978) et de nombreuses interventions polémiques dans plusieurs villes en France.

Le dénominateur commun de ces actions est l’investigation du quotidien – investigation sociale et politique – à des fins critiques, imprégnée des idées contestataires issues de mai 68 et de la pensée situationniste.

Untel tourist color web

Galerie:

mfc-michèle didier 
66 rue Notre-Dame de Nazareth
75003 Paris, France

Exposition du 20 novembre 2015 au 16 janvier 2016
Vernissage le jeudi 19 novembre 2015

Isabelle Jobard : pour une poétique culturelle de la ville

 

Jobard 3

Isabelle Jobard

Artiste autodidacte, enseignante, comédienne, puis scénographe, se consacre à son art depuis bientôt 30 ans, en  développant un travail plastique  personnel, singulier  et vivant.
De 1980 à 1990, alterne l’enseignement, la création en Cie (théâtre d’objet), et débute une activité de scénographe au Musée d’Archéologie de Lons-le-Saunier. Dessine depuis toujours et use ses crayons de couleurs en proposant des travaux d’illustrations (édition et expo). Après une longue période (années 1990) consacrée à l’objet en association avec Véronique Bretin, architecte (Toutunpoème, collection d’objets singuliers pour la maison diffusée internationalement), reprend en 2000 son parcours de plasticienne  en solo.
En 2005, reçoit le soutien de la Drac Franche-comté avec une aide à la création, pour l’exposition « rimages-mirages » ( installation et images).

« Inscrivant sa démarche dans la continuité des Nouveaux Réalistes, son travail artistique élabore une poétique libre des objets du quotidien.  Son regard s’attache  à l’expression de leur plastique et à la polysémie de leur sens pour créer des « mises en jeu » scénographiques. La poésie se lie à l’humour dans des installations qui interrogent et se jouent du vécu humain comme d’une pièce de théâtre. Multipliant les ateliers avec le public dans le cadre des classes à PAC (Projet Artistique et Culturel) et laissant certaines de ses oeuvres à l’intervention des passants, l’artiste souhaite ouvrir les sens de chacun à sa perception plastique des choses. Intimiste et ludique, Isabelle Jobard fait partie de ces artistes qui conçoivent l’œuvre artistique par l’échange humain qui en résulte. »
Extrait du dossier de presse du pavé dans la mare, centre d’art contemporain à Besançon.

Jobard 5

Régis Crozat : quand la parole fait le mur

Dans le cadre de la manifestation NOMADE à Paris 3eme, l'artiste Régis Crozat a donné la parole aux visiteurs en leur offrant une palissade. (Voir l'article de ce blog du 3 mai dernier) Pour cette manifestation consacrée à la performance, c'est le public qui assurer cette performance en donnant vie à une parole spontanée sur la palissade vierge.

Crozat nomade

Lors du démontage de la palissade au terme du festival, les visiteurs pourront emporter s'ils le souhaitent les éléments de ce mur de paroles. Le bien commun deviendra alors la propriété privée de ceux qui saisiront cette opportunité.

Crozat pallissade 3

Parole de Breton en homme-sandwich

Breton

C'est en homme sandwich que Breton s'est présenté au festival Dada organisé le 27 mars 1920 au théâtre de l'OEuvre. Sur l'affiche dessinée par Francis Picabia, on peut lire : « Pour que vous aimiez quelque chose il faut que vous l'ayez vu et entendu depuis longtemps tas d'idiots. »

Régis Crozat : donner la parole, un bien commun

Dans le cadre de la prochaine manifestation NOMAD à Paris 3eme, l'artiste Régis Crozat donne la parole aux visiteurs en leur offrant une palissade.

Palissade crozat

La palissade enchantée et le bien commun


Une structure avance, segmente, occupe, elle s’ancre à tout ce qui lui permet de se maintenir debout parmi nous. Devenue un bien commun, chacun pourra se l’approprier en y laisser sa trace, ou bien “immortaliser“ sa présence le temps d’un selfie. Visuellement, elle illustre la rupture dans le processus d’aménagement urbain de plus en plus policé, une forme chaleureuse apportée par la texture du bois et la légereté de sa conception.
Le bien commun
Une structure remarquable : Une palissade mobile rompt avec la rigidité du mobilier urbain, un bien commun que chacun utilise pour y déposer ses idées ou se l’approprier le temps d’un selfie.
Le temps d’une installation/performance un espace de liberté. Elle accueille, reçoit et donne... du plaisir, des doléances, des idées.

Le concept : A l’exemple des murs d’images et de leurs commentaires sur les réseaux sociaux, je crée un mur où chacun collabore avec ses idées, ses dessins, ses images. L’espace et le temps d’un week end le volume ondoyant se laisse recouvrir et gagner par ses contributeurs. L’implantation : indifférenciée, dans un contexte urbain il existe toujours des points d’ancrage : arbres, grilles, panneaux de signalisation, mobilier urbain, plots, piquets, murs... la colonisation ou le parasitage s’avèrent aisés. L’appropriation éphémère, la palissade appartient à tous en se revendiquant comme un bien commun.


1 - Chacun est libre d’y déposer ses idées, d’y laisser sa trace, de s’y photographier, mais il n’en demeure que l’utilisateur temporaire. A charge pour chacun de veiller à ce que cette
fonction et cet usage soient respectés ainsi que la bonne tenue le temps de l’installation.
2 – Le principe du bien commun, le bien appartient à tous et à personne, même pas à une commune ou un état. le temps de l’installation/performance, aucune propriété privée.
3 – La performance est réalisée par les passants, invités à participer;

Palissade crozat2

Philippe Cazal : la parole au pied du mur

Philippe cazal les limites insaisissables 2002 vue 3 gallery full


Midi-Pyrénées - Philippe Cazal - Les limites insaisissables - 2002 - Université de Montpellier II
Traitement de la façade du bâtiment en lettres adhésives (3,60 x 54,50 m).
La halle de mécatronique est un laboratoire de recherche de l'Université des sciences et techniques du Languedoc. Le bâtiment présente une façade de 60 m de long dont le traitement artistique est apparu une nécessité, dans le but de situer et de signaler ce bâtiment au moyen d'une signalétique forte.


Après des études à l'École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris, Philippe Cazal réalise des assemblages d'objets en résonance avec les symptômes de la société. Ses principaux sujets d’inspirations sont la ville, le social, l’économie, le politique, le poétique et aussi la position de l’artiste contemporain.

Membre d'Untel de 1975 à 1980, il présente avec le groupe Vie Quotidienne, un environnement de type « Grand Magasin » au Musée d’art moderne de la Ville de Paris (Biennale de Paris, 1977). Dès 1984, il se présente comme un « Artiste publicitaire », transforme son nom en logo (via l'agence parisienne Minium) et développe son « image de marque » en détournant les codes de l’univers du marketing et de la publicité.


Philippe Cazal dans l'Encyclopédie audiovisuelle de l'art contemporain

Pierre Tilman : La parole est d’Art

Article paru dans "Chroniques du chapeau noir " http://imago.blog.lemonde.fr/

DigiOeuvre originale créée pour l'exposition "Pierre Tilman , la parole est d'Art" à la galerie le Garage à Orléans 2015

L'exposition "Pierre Tilman, la parole est d'Art" qui s'ouvre vendredi prochain à la galerie le Garage à Orléans constitue la première Ouverture Nomade du projet de festival "La parole est d'Art" dont j'ai proposé la création. Pour ce programme conçu il y a plus d'un an, le vernissage de vendredi prend une résonance particulière.
A l'origine, l'intention a été de présenter dans une même manifestation toutes les paroles sur l'art : du critique d'art au commissaire d'exposition, du visiteur de musée à l'artiste, du bloggeur au médiateur, du journaliste au responsable de galerie, toutes ces paroles contribuent à tenter de cerner ce phénomène insaisissable : la création.

Une liberté publique

J'évoquais, dans un article de septembre dernier, les oppositions auxquelles se trouvent confrontées ces différentes paroles : "Il ne faut pas chercher longtemps dans l'actualité pour trouver les symptômes des oppositions radicales à cette parole. Ces oppositions sont  parfois curieusement le fait de certains qui s'expriment au nom de l'art. Les tentatives se multiplient, notamment dans le domaine de l'art contemporain, pour remettre en question ce qui fait la nature même de cette parole : l'ouverture d'esprit, la remise en cause des tabous, des interdits, bref la liberté de concevoir une pensée déformattée."
Aujourd'hui l'éclairage cru de l'actualité donne un relief particulier à ce projet. Au-delà même des agressions souvent dénoncées ici envers les artistes contemporains et leurs œuvres, la liberté d'expression vient de traverser des moments tragiques avec le massacre de Charlie Hebdo. Plus que jamais la parole des artistes, à l'image de celle des journalistes, des écrivains en général, doit être prise en considération comme un moment privilégié de la liberté d'expression et donc de la liberté en général. Le festival La parole est d' Art mettant en avant la parole de la création sous toutes ses formes se doit d’intégrer ces valeurs de liberté si chèrement payées par les journalistes caricaturistes.

Pierre Tilman : les mots en liberté

Pierre Tilman a été évoqué à plusieurs reprises dans ce blog a propos des multiples aspects de son travail : écrivain, poète, artiste plasticien, performeur, il sait bien de quoi sont faits ces mots dont il joue si aisément. Pour l’artiste plasticien, le plaisir continue. Avec quelques objets de bricolage, quelques petits soldats en plastique, l’art se prolonge comme un jeu d’enfant. Cette parole multiforme qui s'exprime par les écrits, les objets, les lectures-performances  fait de cette œuvre un exemple significatif du contenu ambitionné par le festival La parole est d'Art.

Pierre Tilman "La parole est d'Art"

Pierre Tilman "La parole est d'Art"

Aujourd'hui, en ce mois de janvier 2015, une grille de lecture nouvelle est venue ajouter une ardente obligation à notre propos : montrer combien cette parole sur l'art s'exprime comme une composante de la liberté. La défense des artistes contre  toutes les agressions est aussi une parole à porter plus haut et plus fort pour que leur création s'exprime sans restriction. La liberté ne s'use que si l'on ne s'en sert pas.

Exposition "Pierre Tilman, la parole est d'Art"

Logo festival 3 copie Festival La parole est d'Art
Du 16 janvier au 2 février 2015
Vernissage le 16 janvier à 18 h
avec une lecture-performance de l'artiste
Galerie le Garage
9 rue de Bourgogne
45000 Orléans

Quand les attitudes deviennent paroles

Regards sur la scène française depuis les années soixante

Interviwer la performance

Ces " Regards sur la scène française depuis les années soixante " dessinent les contours d'un pan de l'art de notre temps, d'un courant particulièrement indocile, indomptable, difficile à cerner et même à définir. Car le terme de performance recouvre à l'évidence des pratiques diverses, se présentant sous des noms variés : happening, actionnisme, art de rue, théâtre total,  poésie sonore.... Ces appellations indiquent combien cette notion de performance ne s'en tient pas aux arts plastiques mais dépasse les frontières en direction du spectacle, du théâtre notamment. Dans son introduction, l'ouvrage n'élude pas la question en précisant qu'on ne peut se satisfaire d'une seule définition de la performance. Soulignant ce "Renouvellement des stratégies d'indiscipline", les auteurs décrivent ( avec Eric Mangion ) la performance comme "un terme générique qui englobe toutes les typologies d'actions définies à travers le temps, à savoir happening, event, body art, art action ou interventions plus conceptuelles".
On observera avec les entretiens réalisés auprès d'une douzaine d'artistes que ceux-ci adoptent parfois des appellations diverses, confirmant leur sensibilité réfractaire à toute tentative de classement réducteur.
L'introduction de cette investigation resitue dans les années soixante le contexte dans lequel cette notion de performance s'inscrit. Cet art d'attitudes se développe dans une époque ou coexistent les expressions publiques, où se révèlent les créations théâtrales comme le Living theater de Judith Malina  et Julian Beck ou le Bread and Puppet Theater de Peter Schumann et ou la rue connaîtra une primauté politique.  Les noms de Ben et Jean-Jacques Lebel, s'ils sont évoqués, ne font pas partie des artistes interviewés, pourtant tous deux acteurs majeurs de cette histoire, Ben pour avoir contribué à l'arrivée du mouvement Fluxus en France et et Jean-Jacques Lebel pour l'importation du happening en Europe. Un peu surpris également de ne pas voir citer une seule fois les noms de Jean Mas proche de Fluxus  et ses nombreuses "PerforMas" ou encore de Roland Sabatier, membre moteur de la deuxième génération lettriste.
Chaque entretien, réalisé entre 2011 et 2012, a fait l'objet d'une retranscription en concertation avec chaque artiste qui a validé ensuite le texte final.
C'est donc un témoignage vivant sur un art bien vivant qui rassemble de Julien Blaine à Jean-Luc Verna les composantes de cette pratique artistique décidée à se tenir à l'écart des formats institutionnels et marchands.
Le corps apparaît comme l'outil primordial de cette expression, qu'il s'agisse d'un corps engagé dans un art relationnel avant la lettre où d'un corps matériau soumis à toutes les contraintes comme chez Orlan.

Dejeuner sur l herbe untel

"Le déjeuner sur l'herbe" Groupe Untel intervention non officiel Salon des artistes Français Galeries nationales du Grand Palais 8 avril 1975

                                                                 

Untel

Cas particulier dans cette liste d'artistes, celui du seul groupe présent, Untel. Le groupe Untel fut un collectif d'artistes créé en 1975 à Paris par Jean-Paul Albinet, Philippe Cazal et Alain Snyers. Ces copains étudiants d’écoles d’art ont eu pour objectif pendant cinq ans d’aborder «La vie quotidienne en milieu urbain». Dans cet univers que le sociologue américain David Riesman appelait «La foule solitaire», c’est un groupe formé d’individus innommables qui s’en prend aux médias, au marché, au tourisme, à la publicité pour mieux toucher du doigt les maladies de la vie sociale urbaine.
Aujourd'hui la performance aurait-elle acquis droit de cité au sein des institutions comme le Street-art a pris place entre les murs des musées ? Dans les deux cas, c'est l'identité même de cette pratique, marquée par ses valeurs subversives, qui serait en question.

                                                                             Chroniques du chapeau noir

Interviewer la performance
Mehdi Brit, Sandrine Meats
Manuella éditions
Octobre 2014
ISBN : 978-2-917217-61-0

Source :  http://imago.blog.lemonde.fr/2014/12/16/quand-les-attitudes-deviennent-paroles/

Bernard Heidsieck, pour mémoire

Le poète et performeur Bernard Heidsieck, né le 30 novembre 1928, fait figure d'inspirateur pour nombre d'écrivains et autres artistes. Ayant décidé, au cours des années 1950, de rompre avec l'écrit pour donner de sa voix à une poésie extirpée du livre,  il avait pris le parti d'opposer une poésie active, « debout », à celle qu'il jugeait alors passive. L'homme de lettres est mort samedi dernier, le 22 novembre 2014, d'insuffisance respiratoire.
A partir de 1955, on le retrouva au rang des fondateurs de de la Poésie Sonore puis de la Poésie Action en 1962. Il était contemporain des mouvements Beat, Fluxus ou minimaliste américains, et le magnétophone comptait parmi ses outils d'écriture destinés à expérimenter de nouveaux champs poétiques. De 1978 à 1986, il écrivit Derviche/Le Robert, composé de 26 poèmes sonores. Puis à partir de 1988, Respirations et brèves rencontres (60 poèmes produits à partir d’archives d’enregistrements de souffles d’artistes). Par ailleurs, comme beaucoup de poètes, il a poursuivi un travail de plasticien. Dès 1965, il a conçu des planches d'«écritures-collages», la plupart intégrant des circuits intégrés ou des fragments des bandes magnétiques utilisées lors de la création de ses poèmes sonores. Il en réalisera plus de 1000, notamment collectionnées par Francesco Conz. Il aura réalisé 540 lectures publiques «tout autour» du monde.


Bernard heidsieck
Bernard Heidsieck en lecture, en mai 1987 à Varsovie. (Photo Françoise Janicot)

Lebel, parole rebelle

" Figure emblématique d'une génération d'artistes qui a contribué à la « révolution culturelle » dans les années 1960, Jean-Jacques Lebel (né en 1936, Jean-Jacques Lebel vit et travaille à Paris) s'est toujours attaché à concilier démarches artistiques et philosophie de vie. Exclu du mouvement surréaliste avec Alain Jouffroy en 1960, l'ensemble de son parcours notamment plastique se revendique et se marque néanmoins de la pensée de André Breton, du travail de dadaïstes tel que Max Ernst, et de l'esprit de Marcel Duchamp.
À ce contexte se greffe également un entourage d'ordre plus philosophique au travers de rencontres dans ces mêmes années avec Gilles Deleuze, Félix Guattari... Le chemin de Jean-Jacques Lebel croise alors des personnalités artistiques aux activités hétérogènes mais tous enclin à mettre en avant « l'action poétique comme activateur des contradictions de notre société industrielle ». Des rencontres qui conjuguent ainsi poésie, peinture, théâtre, engagement politique dans une série de happenings ou de performances dont Lebel est le premier organisateur en Europe, reprenant par là-même les idées avancées et mises en place par Allan Kaprow à New York. Le happening se veut alors comme un prolongement de l'Action Painting en dehors de la surface plane du tableau, investissant divers espaces et rejoignant les théories d'Antonin Artaud sur le théâtre. Dans cet esprit et en réaction  au climat politique de l'époque, Lebel co-organise avec Alain Jouffroy l'Anti-Procès en 1960, réunissant des artistes aussi différents que Brauner, Matta, Dufour, Rauschenberg, Tinguely, Michaux, Fontana, Erró, Fahlström et Lam... dans un mixage de théâtre total, happening, exposition et permettant à chacun d'eux de jouir de « l'absolu liberté de faire ce qu'il voulait » et de devoir « simplement affirmer avec les autres son opposition à la guerre d'Algérie ».
En 1961, il prend l'initiative du Grand Tableau Antifasciste collectif, sequestré par la Questura de Milan pendant 23 ans. Dans la continuité de l'Anti-Procès, il met en place à partir de 1964 le Festival de la Libre Expression et à partir de 1979 le Festival International de Poésie Directe Polyphonix, mêlant arts plastiques, vidéo, musique, performance, poésie... On retient en 1965 le happening Dechirex  de Lebel lors du deuxième Festival de la Libre Expression qui s'est articulé sur le refus de la suprématie de la voiture dans l'espace social : une 4 CV Renault était présente comme « personnage » dans cette manifestation. A la fin du happening, le public s'y est violemment attaqué, la réduisant à presque rien. Le lendemain,  l'artiste Ben est entré les yeux bandés dans la foule agitant une hache de pompier. À l'idée de cette violence, Jean-Jacques Lebel répond : « la violence toute relative de nos soirées contenait toujours de l'ironie, mais il est vrai que le sens de l'humour des uns peut violer la sensibilté des autres ».
Si les activités artistiques de Jean-Jacques Lebel sont reconnues depuis les années 1960 à nos jours  dans le champ de la performance, il n'en demeure pas moins un artiste plasticien revenu « d'exil » dans le monde de l'art et de l'exposition en 1988. Il s'en était retiré 20 ans plus tôt afin de ne pas devenir un artiste domestiqué. Ecriture, collage, peinture, sculpture, installation, action directe sont associés dans les œuvres de Lebel à la sexualité, à la vie quotidienne, politique et philosophique avec pour fil conducteur de dadaïser la société (Portrait de Nietzsche, 1961 ; Portrait de Rauschenberg, 1961 ; Monument à Félix Guattari, 1995)."  (source: Les presses du réel)

Marina Abramovic : le silence est une parole comme le autres

Abramovic moma 2010

Durant deux mois et demi, l'artiste serbe s'est installée au MoMA à New York pour des face à face silencieux avec les visiteurs. Les participants font état d'une expérience rare dont beaucoup sont sortis en pleurs.

Du 14 mars au 31 mai, Marina Abramovic a passé 700 heures assise sur une chaise au sixième étage du MoMA à New York. L’artiste contemporaine, à qui le musée américain a consacré une importante rétrospective, y a réalisé une performance, The Artist Is Present. Le dispositif est simple : chaque jour, à l’ouverture du musée le matin, Marina Abramovic s’assoit, vêtue d’une longue robe unie, et les visiteurs viennent, un par un, s’installer en face d’elle. Ils se fixent pendant quelque temps, sans échanger aucune parole, jusqu’à ce que le visiteur se lève et laisse la place à un autre. Certains restent deux minutes, d’autres quelques heures. Beaucoup explosent en sanglots. Marina Abramovic joue son rôle de Pythie de Delphes contemporaine et muette. Habituellement, les cartons d’invitation de vernissages sont accompagnés de la mention : « L’artiste sera présent. » Le plasticien présente ses œuvres le temps d’une soirée et s’en va le lendemain, laissant la galerie ou le musée vide. Marina Abramovic, elle, est restée.Un corps à deux têtes. Souvent qualifiée de « grand-mère du performance art », elle est née en 1946 à Belgrade, dans la Yougoslavie rigide de Tito. Elle étudie les Beaux-Arts et, dès 1973, commence à réaliser des actions où elle pousse les limites de son corps. Elle signe une série d’œuvres, Rythm, dans laquelle elle absorbe des psychotropes, se taillade, se brûle et invite les spectateurs à la malmener –, elle affirmera par la suite que « si on laisse le pouvoir au public, on peut être tué ». En 1976, elle rencontre l’artiste allemand Ulay. Les deux travaillent et vivent ensemble. Pendant vingt ans, ils se définissent comme un « corps à deux têtes ». Ils réalisent des scènes où ils se dénudent et s’installent dans l’entrebâillement de la porte d’une galerie, s’entremêlent les cheveux et se collent les lèvres pour respirer le même air, jusqu’à la suffocation. En 1988, ils se séparent et entament une longue marche sur la Muraille de Chine, chacun démarrant aux extrémités opposées et rejoignant l’autre au milieu pour célébrer la rupture de leur relation tumultueuse. Par la suite, Marina Abramovic continuera une carrière seule, participera à la Documenta à Cassel et remportera le Lion d’or à la Biennale de Venise en 1997. Ses créations, avec Ulay ou en solo, ont été recréées à l’occasion de la rétrospective du MoMA.Marina Abramovic fait toujours sensation sans rentrer dans le sensationnalisme. The Artist Is Present, rediffusée sur Internet, a créé une effervescence à New York, où des centaines d’anonymes ont fait la queue devant le MoMA. Le photographe italien Marco Anelli a réalisé des portraits des visiteurs, toujours très émus. La blogosphère s’est entichée de l’événement, un blog ayant même été ouvert intitulé Marina Abramovic Made Me Cry, (Marina Abramovic m’a fait pleurer) (1). Les témoignages évoquent la force du regard de l’artiste, la conversation silencieuse qui s’installe, la douleur ou la joie qui ressortent pendant la performance. Des curiosités ont aussi eu lieu. Une artiste, Anya Liftig, s’est habillée exactement comme Marina Abramovic et les deux ont passé une journée en face à face. Un autre, Amir Baradaran, l’a fait rire en recouvrant son visage de slogans. Une femme est venue à plusieurs reprises, chaque fois habillée de manière différente, dont une fois avec un voile intégral. Paco Blancas, un maquilleur installé à New York, est venu plus de quatorze fois. à l’image d’un « Où est Charlie ? » contemporain, on retrouve son visage à plusieurs reprises sur Internet. « S’asseoir en face d’elle est une expérience qui transforme, a-t-il déclaré, c’est lumineux (…) elle presse le bouton qui fait sortir toutes les émotions. » Le plasticien chinois Tehching Hsieh, qualifié par Marina Abramovic elle-même de « maître » et devenu célèbre après avoir passé un an dans une cage en bois, s’est aussi installé face à l’artiste. L’événement a eu son lot de stars, une frange de l’intelligentsia s’étant passionnée pour la création.Deux minutes ou une journée. Le musicien Lou Reed, le comédien sex-symbol arty James Franco, les actrices Sharon Stone, Isabella Rosselini ou Isabelle Huppert sont venus s’asseoir devant Marina Abramovic. Ces VIPs n’ont pas fait les cinq ou six heures de queue pour arriver à la chaise de l’artiste. Les anonymes raillent ce privilège. Pour eux, l’attente fait partie de l’expérience, l’émotion vient aussi avec la patience. La durée de passage de chaque personne devant l’artiste n’est pas fixe ; ils restent en moyenne environ un quart d’heure mais certains n’ont tenu que deux minutes tandis que d’autres six ou sept heures. Impossible de prévoir combien de temps va durer l’attente. Ceux qui sont venus à plusieurs reprises évoquent les liens qui se créent entre les participants. Un habitant de Brooklyn, venu une dizaine de fois, a attendu plusieurs heures et, au moment d’aller s’asseoir, a laissé sa place au suivant, affirmant qu’il reviendrait à la fin. Au départ, Marina Abramovic  n’avait pas imaginé que cette attente allait faire partie de la performance. Au fur et à mesure, The artist Is Present a dépassé le cadre des deux chaises et s’est étendue au musée en entier. De même, une table la séparait initialement des visiteurs. Au bout d’un mois, elle a jugé que la table représentait un rempart qui freinait le rapport au public et a décidé de la retirer de l’installation. C’est toute la force de Marina Abramovic : être une artiste contemporaine mondialement célèbre et se remettre toujours en question. Elle ose chambouler son travail en pleine action, imaginer des alternatives, assurer une continuité. L’artiste serbe travaille avec le galeriste français Serge Le Borgne sur un projet d’institut, la Marina Abramovic Foundation for the Preservation of Performative Art à Hudson, dont l’ouverture est prévue pour 2012. Dans une ancienne salle de cinéma, elle ne présentera pas son travail mais celui de jeunes performeurs.Marina en larmes. En deux mois et demi, Marina Abramovic aura scruté le visage de plus d’un millier de personnes. Des New-Yorkais, anonymes, artistes ou célébrités ont été émus par son regard fixe et impassible. Sa sérénité n’aura connu qu’une exception. Le soir du vernissage, son ancien compagnon et collaborateur, Ulay, est venu s’asseoir face à elle. La foule s’est tue et Marina Abramovic s’est mise à pleurer. Après quelques minutes, elle a avancé les bras vers lui et lui a serré les mains pendant quelques instants, brisant pour un court instant les règles de sa propre performance.  

( Source Libération.fr Clément GHYS)

Pierre Tilman se lit, s’entend, se voit

Le festival POÉSIE MARSEILLE 2014
11ème EDITION

le 6, 7, 8 et 9 Novembre

Parmi les atistes invités : Pierre Tilman

Tilman festival poesie

 

"Il est né en 1944 à Salernes, dans le Var.
Après une quarantaine d’années passées à Paris, il vit aujourd’hui à Sète.

Il est poète, il a publié : « Espèces de listes » aux éditions Galilée en 2012, quatre recueils chez Gros Textes en 2011 et 2013, dont les deux derniers s’intitulent « En même temps » et « C’est l’histoire d’un type ».

Il a écrit la biographie de Robert Filliou, «Robert Filliou, nationalité poète», éditée aux Presses du réel en 2006.

On peut lire sa poésie sous forme de livres mais on peut aussi l’entendre en live.
Lectures publiques sur scène, souvent en compagnie de musiciens (Maguelone Vidal, Chopin Parasol, Eric Barret, Pascal Contet, Jean-Louis Capozzo, Benoît Chevillon).

On peut également voir ses œuvres exposées dans l’espace des galeries, des musées et des centres d’art. Il est artiste :
Une exposition rétrospective intitulée « Tu vois ce que je veux dire » à la Villa Tamaris, centre d’art, la Seyne-sur-Mer, réunissait un grand nombre de ses œuvres plastiques (2012, 2013).

Il expose régulièrement à Paris, galerie Métropolis.
On peut le qualifier de performeur, de poète visuel.

Il est un homme des rues et des bars, un mammifère, un animal cultivé, avec en lui quelque chose de végétal et de minéral. Cela signifie qu’il a un rapport au silence, qu’il est un poète de la vie, qui peut passer beaucoup de temps pour penser aux choses simples.

À propos de mon travail, dialogue avec moi-même.


- Il y a de la sensualité dans ce que tu fais ?
- Ho la la, bien sûr que oui ! Je suis un mammifère, d’abord et avant tout, depuis tant de millénaires. L’intelligence qui ne permet pas de s’éclater et de prendre son pied, je n’en veux pas, même en solde, pas même en promotion, je te la laisse, cadeau !

- Ta poésie et ton travail plastique sont directement reliés à la vie, au vécu.
- Oui, c’est vrai, à l’expérience et à la réalité. Mais ça ne s’arrête pas là. La vie n’est pas seulement vécue, elle renvoie directement à l’esprit, aux mécanismes de la pensée et à leur fonctionnement.

- C’est donc aussi très mental.
- Je te disais que je suis un mammifère mais j’ai l’honneur de faire partie de l’espèce qui a proportionnellement le cerveau le plus développé. Comme disait Picabia, mon crâne est rond pour que mes idées puissent tourner dedans. Je pense, donc j’en profite. Je gamberge, je lis, je parle, je me désespère et je rigole tout seul dans ma tête. C’est mental, c’est réfléchi, c’est cultivé... Sensible, poétique, instinctif... Et lucide. Forcément, tout va ensemble Je ne sais pas pourquoi on passe son temps à faire des divisions dans ce qui va ensemble. À quoi ça sert ? À régner, à juger ? À se vouloir efficace, comme une machine qui ne sait faire que les mêmes boulots ?

- Tu es poète. Tu es artiste, mais tu n’es cependant ni peintre, ni dessinateur, ni sculpteur.
- Je suis chez moi dans les arts plastiques. C’est mon pays, ma famille, ma maison, même si je ne suis, comme tu le fais justement remarquer, ni peintre, ni dessinateur, ni sculpteur.

- Tu restes toujours dans le langage.
- Les mots sont toujours là, sous mes yeux, dans mes mains, dans mon corps, je joue avec eux, je travaille avec eux. Je suis poète, je suis un homme de paroles, mais, en ce qui me concerne, la poésie est également faite de solitude et de silence. Elle est donc liée au fait de se taire et de laisser tomber l’inutilité lassante des explications et des commentaires.

- Es-tu en train de me dire que tu commences à en avoir marre de parler de ce que tu fais ?
- Je préfère le faire."

(source: Festival Poésie Marseille 2014)

Les Cubiténistes : prendre la rue au mot

A la jonction des arts de la rue et des arts plastiques, les Cubiténistes multiplient les gestes artistiques collectifs dans l'espace urbain. La rue devient le théâtre de leurs créations.

Les cubitenistes

Les Cubiténistes est une compagnie de théâtre de rue apparue en 1990. Elle a créé depuis, de nombreux spectacles et performances artistiques liant le théâtre, le cinéma, la littérature et les arts plastiques.
Démarche artistique
Le Cubiténisme est une philosophie de l’absurde, du dérisoire et de l’humour. Les Cubiténistes se sont attelés à une lourde tâche : redéfinir, en toute modestie, l’univers dans sa totalité. Cet objectif a été en partie atteint à travers plusieurs spectacles de rue, une exposition et trois livres.


Les cubitenistes4

Jean Mas, le promeneur de mots

Mots aux maux mas 1

Jean Mas Galerie Alexandre De La Salle Saint-Paul de Vence 1996

« … Le mot comme action, comme pratique, le mot générateur d'événements, d'œuvres, d'autres mots, dans le système ouvert qu'est l'art, c'est Mas qui le dit, le mot comme objet qui vous tombe sur la tête, et qu'on entend sonner comme si c'était la première fois. Il va récupérer les mots nichés dans les recoins des cages d'escalier…Jean Mas est l'agitateur sémantique de l'Ecole de Nice, déjà si percutante. Avec ses "prises" dans le quotidien du quotidien il nous tend un drôle de miroir...».

Par France Delville - Critique d'Art (extraits)

Performance... PerforMas

La PerforMas est une extension de l’expression plastique de l’artiste. Elle induit un discours critique et déconnecté de nature à mettre en évidence les incontournables incertitudes de l’esprit.

Sa première PerforMas ‘Igloo’ a été réalisée en 1969 à laquelle il a associé les artistes Ben Vautier et Serge III.


Ben Vautier : la parole doute.

Chercheurs d'art

Les mots et la parole dans l'oeuvre de Ben Vautier ne sont plus à découvrir, ils sont partie prenante d'une démarche développée depuis plus de cinquante ans. En 1975, lors du tournage du film "Chercheurs d'art" chez Ben sur les hauteurs de Nice, l'artiste se livrait à l'autocritique de cette parole délivrée tout au long  de ces années.

Tournage chercheurs d art ben3

Film "Chercheurs d'art" 1975 réalisation Claude Guibert

La Fondation du doute

Aujourd'hui, ce doute s"institutionnaliste avec la création à Blois de la Fondation du doute :

" Sur près de 1 500 m2, 50 artistes, 300 œuvres sont rassemblées par Ben, Gino Di Maggio, avec la collaboration de la Fondation Mudima de Milan, de Caterina Gualco et de nombreux artistes. Ce nouveau site est à la fois un lieu vivant, un réservoir d’idées avec le Centre Mondial du Questionnement, un espace d’expression, d’interrogation sur l’art, ses limites ou ses frontières.

La Fondation du doute est un lieu singulier. Ben Vautier l’imagine empli de la liberté des lieux en mouvement, animé de ce flux qu’il porte avec lui depuis cinquante ans. La Fondation du doute est ouverte à toutes les formes, à tous les possibles pourvu qu’ils nous surprennent, qu’ils nous amusent, qu’ils nous persuadent que l’art, comme le dit si justement Robert Filliou, « est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art ». La vocation de la Fondation du doute est d’accueillir artistes, théoriciens, chercheurs, de créer une résidence vivante où les publics se rencontrent.

Comme pour Fluxus dont l’esprit occupera, par les œuvres présentées, les espaces physiques - œuvres et documents - la Fondation du doute doit promouvoir la « concomitance », l’importance de la non-importance, les détails de la vie, le tout possible, l’idée, l’humour, l’« event », la théorie, le manifeste, l’action, et, comme l’imagine Ben, un Art Total. La mécanique du doute pèse le pour et le contre, capte toutes les voix, enregistre et transmet, mélange et malaxe, mesure les limites de l’art, s’interroge et interroge les frontières.

 La Fondation du doute est un lieu d’apprentissage ; implantée au sein d’un pôle d’enseignement artistique (Ecole d'art et Conservatoire de musique et théâtre à Rayonnement Départemental - Agglopolys), elle ouvre de nouvelles perspectives de recherches, une pédagogie de l’écoute, de l’échange, de l’action. John Cage disait qu’« il n’est pas nécessaire que tous les sons soient organisés par un auteur ou par une intention, il suffit simplement que quelqu’un les écoute ». Pour comprendre, apprenons à tout écouter.".

Pierre Fraenkel : la parole fait le mur

Que serais-je sans toit ?

Son mode opératoire est simple : il prend son pot de peinture et de colle sous le bras, dégote un panneau d'affichage libre, et passe à l'acte devant le regard surpris des passants et parfois même de la police. Pourtant, cette pratique est totalement légale : « Tout le monde peut utiliser ces panneaux si c'est à but non lucratif. Mais personne ne le fait sauf les associations. Moi, mon rôle, c'est de dire que si un jour les gens ont quelque chose à dire, ils peuvent le faire avec ce support. »
Lui ne s'en priva pas, collant à tout va. Jusqu'à 250 affichages dans toute la France. Car il faut coller beaucoup pour être vu, dans la mesure où une œuvre peut être recouverte 10 minutes après la pose. « C'est le revers de la médaille mais ça en vaut le coup », confie l'artiste. Il aime bien rester et voir la réaction des passants, et découvrir le sens qu'elle prend sous d'autres yeux, des sens auxquels il n'avait même pas pensé.
Frankael
Mais comment un artiste sortant des Beaux-Arts en vient à investir la rue ? Il y a bien sûr la difficulté à se faire une place dans le monde de l'art, mais aussi un déclic venu d'un négatif trouvé par terre il y a cinq ans, représentant deux gamins dans les années 30. « Je suis curieux et sentimental, alors je l'ai développé en grand format et affiché de façon sauvage. J'ai ensuite acheté beaucoup de photos sur les marchés aux puces. Pour moi, elles ont un caractère vivant, c'est un moment qui a existé et que j'aime faire revivre », nous dit-il en nous montrant une photo d'un inconnu dans son portefeuille, côtoyant celle de son neveu.
Un impact visuel
Après les images, est venu le temps des mots, « un langage plus rapide et plus lisible». Mais il y avait un hic, un problème d'orthographe : « Plutôt que de me galérer à faire des fautes, j'ai commencé à écrire des mots phonétiquement. Je me suis rendu compte que je faisais de la poésie, que cela avait plus de force visuellement», déclare celui qui ne ne s'embarrasse plus à conjuguer le verbe faire mais écrit vite «fée », bien «fée ».
Extait de Pierre Fraenkel s'affiche   (www.jds.fr)

Untel : une page blanche dans la ville.

350 mètres d’images en continu pour les Rencontres de la photographie d’Arles, en juillet 1976

Untel arles 76

Dans cet univers que le sociologue américain David Riesman appelait «La foule solitaire», c’est un groupe formé d’individus innommables qui s’en prend aux médias, au marché, au tourisme, à la publicité pour mieux toucher du doigt les maladies de la vie sociale urbaine. Le groupe Untel fut un collectif d'artistes créé en 1975 à Paris par Jean-Paul Albinet, Philippe Cazal et Alain Snyers. Ces copains étudiants d’écoles d’art ont eu pour objectif pendant cinq ans d’aborder « La vie quotidienne en milieu urbain ». Déjà le nom du groupe annonce cette volonté de situer cette action dans un anonymat peut-être destiné à fondre leur regard dans un environnement où chacun ignore l’autre, où l’invisibilité des individus contribue à l’abandon d’un regard critique.
Avec leur action lors des Rencontres photographiques d'Arles en 1976, ces artistes anonymes donnent la parole au public dans les rues de la ville en mettant à leur disposition cette longue page blanche.

Exposition "Pierre Tilman, la parole est d'Art" à la galerie Le Garage à Orléans

Ecrivain, artiste plasticien, performeur, Pierre Tilman est l'artiste le mieux à même de représenter l'esprit du projet du Festival "La parole est d'Art". Michel Dubois, directeur de la galerie Le Garage à Orléans a accepté d'organiser une exposition  "Pierre Tilman, la parole est d'Art"  comme vitrine de préfiguration du projet de festival proposé à la ville d'Orléans.

Tilman performance

    Pierre Tilman, lecture/performance dans l'exposition "Annoncez la couleur"
avec Gérard Fromanger à "A cent mètres du centre du monde" Perpignan 2014

L'homme de « Chorus »
« Celui qui fut dans l’oeil du cyclone lorsque, avec la revue Chorus, et son ami Jean-Pierre Leboul’ch, il contribua à promouvoir l’oeuvre de Ben, Daniel Biga, Marcel Alocco, Serge Oldenburg, Roland Flexner, Jacques Monory, Gérard Fromanger ou Jean-Pierre Raynaud, a pris du recul et, pour cultiver sa véritable identité d’artiste, a pris le temps et le rythme qui lui convenaient le mieux. La discrétion, la réserve de l’homme cachent pourtant la vitalité d’un artiste qui aime les mots et les choses.
D’ailleurs ses mots sont des choses et ses choses forment des mots.

Les chemins buissonniers
Ecrivain et poète, il sait bien de quoi sont faits ces mots dont il joue si aisément. Pour l’artiste plasticien, le plaisir continue. Avec quelques objets de bricolage, quelques petits soldats en plastique, l’art se prolonge comme un jeu d’enfant. Pierre Tilman prend son temps ou plutôt perd son temps : c'est le moyen qu'il a trouvé sur ses amis artistes pour trouver la distance, prendre le recul et, toujours à la merci d'un chemin de traverses, échapper au rythme effréné de la compétition artistique. N'allons pas jusqu'à croire que Pierre Tilman offrira sa dépouille au
monument à l'artiste inconnu. Son monument à lui ne ressemblera pas à une architecture pompeuse. Son oeuvre se dispersera, légère comme une plume, d'une mémoire à l'autre, d'une lecture à la suivante, mais avec une résistance au temps que lui envieront les cénotaphes vaniteux. Vous voyez ce que je veux dire.. » Claude Guibert

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