langage

Virginie Boutin entre réflection et réflexion

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La première croyance de la pensée, c'est elle-même.

Mon travail ne consiste pas à représenter le réel mais à représenter la pensée au sein du réel. Or, comment représenter la pensée à elle-même ; donner à voir le processus réflexif de tout esprit qui se produit en même temps qu’il se représente ?

Comment rendre sensible la pensée, matérialiser son abstractivité, exposer sa réalité ? Comment en être l’image et s’en faire le miroir ?

La pensée est mon objet de réflexion dont je mets en scène la réflexivité. Comme telle, je tends à la théâtraliser, c'est-à-dire transmuter ses représentations s'ignorant comme telles en représentations conscientes d'elles-mêmes; muer l'illusion en invention...

Les matériaux les plus hétéroclites et les plus improbables sont exploités pour réaliser des concepts sensibles et empreindre le devenir humain d’un animal qui a trouvé la bonne idée d’avoir une idée à la place des choses...

Virginie Boutin

 

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Le site de l'artiste

 

Elisabeth von Wrede : Le Partage

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Intitulée Le Partage, cette œuvre Elisabeth von Wrede la réalisera en effet avec des mots ou des phrases disposés sur des carrés blancs, transparents ou couleur, sur une structure de trois mètres de haut sur deux mètres de large, à partir des réponses que lui donneront des Tourangeaux anonymes ou connus interrogés dans la rue, sur le sens qu'ils donnent au mot partage. Elle sera dans Tours au milieu du mois prochain. Initialement prévue d'être installée en juin, sur la place de châteauneuf, appelée à être semi-pietonnière, la municipalité parle maintenant de la place du 14 Juillet, où se trouvent l'Institut de Touraine et l'école Saint-Martin.

Elisabeth von Wrede est née en Allemagne en 1968.
Influencé par les artistes de son pays comme Günther Uecker et Heinz Mack, que côtoyait sa famille, elle étudie et découvre la peinture auprès de l’artiste japonais Keiji Uematsu durant plusieurs années.
Arrivée en France, elle multiplie les formations comme la reliure d’art ou la peinture sur cuir auprès d’artistes comme Sün Evrard et Florent Rousseau.
Suite à une formation avec Thibault de Réimpré, elle choisit de vouer son talent à la peinture.
Depuis 1989, elle vit et peint en France


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Jacques Villeglé : de A à Z

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Jacques Villeglé

Qu'est-ce que l'alphabet socio-politique ? Jacques Villeglé, saisi par un graffiti dans le métro, l'a développé dès 1969 : « Nixon rendait visite à Charles de Gaulle. Il y avait des « Nixon atome » écrits partout sur les murs de Paris. Dans le métro, je vois un Nixon, avec le N formé des trois flèches socialistes berlinoises de 1930, le I, c'était la croix de Lorraine, le X la croix gammée, le O un cercle méditerranéen avec la croix celtique à l'intérieur et à nouveau pour le N, les trois flèches. Je me suis dit, c'est formidable, parce que ça montre l'animal politique ».

Cet alphabet n'a intéressé le monde de l'art qu'à partir des années 2000. Avant cette date, l'artiste déclare avoir dû quémander auprès de ses commanditaires pour placer quelques uns de ces signes dans ses affiches ou fresques : le temps peut-être que les coutures de l'Histoire au XXe siècle soient moins apparentes, coutures dont ces sigles forment les fils colorés, dont ils révèlent soit une tragédie, soit un système idéologique. Le but de Villeglé est de collecter ces signes pour faire trace : « je suis un témoin de notre époque». C'est ce qui a séduit Christian Olivier : « j'aime ce graphisme dans l'écriture de Jacques. C'est quelqu'un d'engagé dans l'art, mais aussi au niveau de la société et politiquement. Toutes ses images ont une application sociale et politique, ça me parle beaucoup ».

Désormais, c'est à cet alphabet que Jacques Villeglé se consacre, car il s'agit d'une écriture en continuelle modification. Il révèle à nos yeux les haines actives, pose côte à côte le @ et le croissant marxiste, réinvente un rébus du XVIIe siècle sur la religion, ou joue avec les figures mythologiques hybrides de la sirène et du centaure. Il ne s'agit pas d'approuver l'un ou l'autre de ces signes, mais bien de révéler nos vies humaines, et souvent nos propagandes. Villeglé parle de « guérilla des signes » à leur sujet : ils se font la guerre entre eux, ils nous font la guerre à nous qui oublions trop vite, et les O explosent comme des bombes. Si cet alphabet dérange le réel, c'est pour en désamorcer les sigles, nous alerter aussi, et renforcer le pouvoir graphique de l'écriture qui en devient énigmatique. C'est une mise à plat de toutes nos croyances, pour ne pas « effacer ce qui a été important dans notre vie », nous dit Villeglé. Sur ses choix esthétiques, il ajoute : « il ne faut pas banaliser et il ne faut pas provoquer. Je comprends que les gens soient quelques fois choqués, mais il faut raconter notre Histoire sans gommer ce qui ne nous plaît pas ». (source BBC news)

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Jacques Villeglé

Société réaliste : l'art au pied de la lettre

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Vue de la première exposition de Société Réaliste, «IGM = 1 : MDCCLXXIX» à la Karton Galéria, Budapest, 2005
Organisée pour la Karton Galéria de Budapest avec Thomas Baldner, cette exposition rend hommage à Restif de la Bretonne et sa pratique du journal intime graffité sur les mûrs de l’Ile Saint-Louis entre 1779 et 1789. L’inscription  centrale, «Grammae», était composée de 40 graffitis et calligrammes inscrits en 11 langues différentes.
 

Société Réaliste est une coopérative artistique fondée par Ferenc Grof (1972) et Jean-Baptiste Naudy (1982 développant plusieurs recherches parallèles sur les modèles de marketing et l’économie de l’art, les institutions européennes et leur politique d’immigration, la politique de l’espace, les institutions et l’histoire de l’art.
Le travail de Société Réaliste s'articule autour de l'appropriation et du détournement d'outils de communications des figures de pouvoir (cartes, emblèmes, enseignes, architectures...). Par des systèmes de confrontations symboliques, leur travail affirme un regard critique sans jamais afficher une critique frontalement dénonciatrice.
En opérant de subtils rapprochements, des extrapolations, des interprétations statistiques ou des surimpressions, leurs œuvres donnent à voir des évolutions historiques, des «tendances» et produisent un ensemble d'outils de lisibilité du monde contemporain.
Ils sont notamment les auteurs de Transitioners (bureau de tendances, spécialisé dans les transitions politiques), Cabinet Société Réaliste Conseil (agence internationale de conseil législatif dont la mission est d’aider les parlements à créer et maintenir des législations compétitives), Ministère de l’architecture (administration et unité de production vouée à travailler à différents aspects de la politique de l’espace), Artist Pension Trust (programme d’investissement procurant aux artistes des opportunités de placement financier à long terme par la contribution collective de leurs œuvres).


Societe realiste

Jadwiga Sawicka : les mots sont des choses

 

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Jadwiga Sawicka

 

La correspondante pour la Pologne du Festival La parole est d'Art, Wela, nous propose de découvrir un second artiste polonais pour lequel la parole et les mots participent au développement de l'oeuvre : Jadwiga Sawicka.

 

 

"Les mots sont importants pour moi: en plus de la signification littérale ils ont leur potentiel émotionnel; peuvent être ironique, sensible, dangereuse, venimeux, etc. Je cherche pour eux plus tard un autre contexte qui pourrait être le lieu, la couleur ou d'autres mots. Ainsi se créent de nouvelles significations et de nouveaux potentiels émotionnels.

En peignant les mots, je les traite comme des choses - comme si j'avais peint par exemple: arbre. Donc, je réagis sur l'apparition du mot; son longueur et la forme des lettres. Je les regarde comme des formes abstraites, parce que en peignan un arbre, on doivent également faire de l`abstraction pour les apercevoir vraiment, et non dupliquer nos idées sur "l'arbre en général "

Lire et regarder se complétent mutuellement (bien que cette action limitée des raisons linguistiques), ils apportent une dimension supplémentaire, vous pouvez par exemple: apprécier l'apparition d'un tel long mot comme: "„zanieczyszczenie”(pollution)…

 

Jadwiga Sawicka, peintre polonais, née en 1959 à Przemysl, vit et travaille à Przemysl, Pologne

Dans les années 1979-1984, elle a étudié à la Faculté de Peinture, Académie des Beaux-Arts de Cracovie.

 

 

 

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Dominique Koch : les mots au-delà du bavardage

Koch

 

Dominique Koch (née en 1983, vit entre Paris et Bâle) travaille sur la question de la langue comme outil de communication mais également comme matière sonore. Au-delà de considérer la parole en tant que code, discours ou matériau plastique, son projet pour le CCS invite à une réflexion sur l’entrée du langage dans la sphère économique, engendrant un véritable changement d’époque, un tournant linguistique avec des conséquences politiques et socioculturelles. Les œuvres sont conçues à partir d’une série de rencontres avec des personnes étudiant ces mécanismes. L’installation, sous forme de parcours sculptural et sonore, accompagnée d’éléments imprimés, devient un champ de réflexion conceptuel sur le langage, le parler et les mots.

 

Dominique Koch
Beyond Chattering and Noise

du vendredi 29 mai au dimanche 12 juillet 2015
Vernissage le vendredi 29 mai 2015 de 18h à 21h

Centre culturel suisse
32-38 rue des Francs-Bourgeois,
Paris 75003, France

 

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