Pierre Tilman, la parole est d'Art

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Exposer Pierre Tilman c'est entreprendre un voyage à travers les mots et les choses, c'est associer arts plastiques, écriture, performance. Il faudrait aussi ajouter comment cet artiste multiforme a participé à l'histoire de la deuxième moitié du vingtième siècle en accompagnant l'avènement d'artistes devenus incontournables (Daniel Buren, Christian Boltanski, Jacques Monory, Jean-Pierre Raynaud, Gérard Fromanger ...)

Exposer Pierre Tilman c'est donc suivre le fil rouge non seulement d'une oeuvre, mais bien davantage encore d'une vie faite de liberté, de poésie.
Artiste plasticien, romancier, poète, performeur, tous ces titres suffiront-ils pour cerner l'itinéraire de Pierre Tilman ?

Assurément l'homme se plaît à déjouer les définitions, aime se laisser entraîner sur les terrains vagues, emprunter les chemins de traverse, vagabonder à travers son époque sans faire de bruit. "Je n'ai jamais voulu réussir. Et cela, je l'ai réussi avec une facilité évidente; ce n'est pas vrai, ce fut aussi une volonté et un long combat parfois douteux. Je me suis harmonisé dans le flux de la vie et j'ai disparu dans son anonymat" revendique-t-il.

N’allons pas jusqu’à croire que Pierre Tilman offrira sa dépouille au monument à l’artiste inconnu. Son monument à lui ne ressemblera pas à une architecture pompeuse. Son œuvre se dispersera, légère comme une plume, d’une mémoire à l’autre, d’une lecture à la suivante, mais avec une résistance au temps que lui envieront les cénotaphes vaniteux.

 

 

Chrous

L'homme de Chorus

Celui qui fut dans l’œil du cyclone dans les années soixante dix, avec la revue Chorus et son ami Jean-Pierre Leboul’ch, contribua à promouvoir l’œuvre de très nombreux artistes (notamment Ben, Daniel Biga, Daniel Buren, Marcel Alocco, Serge Oldenburg, Jean Le Gac, Roland Flexner, Jacques Monory, Gérard Fromanger ou Jean-Pierre Raynaud).

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Les chemins buissoniers

Ecrivain et poète, il sait bien de quoi sont faits ces mots dont il joue si aisément. Pour l’artiste plasticien, le plaisir continue. Avec quelques objets de bricolage, quelques petits soldats en plastique, l’art se prolonge comme un jeu d’enfant. Pierre Tilman prend son temps ou plutôt perd son temps : c'est le moyen qu'il a trouvé sur ses amis artistes pour trouver la distance, prendre le recul et, toujours à la merci d'un chemin de traverses, échapper au rythme effréné de la compétition artistique. Comme quelques autres artistes rares, Tilman s'engage dans les chemins buissonniers et met un malin plaisir à déjouer les tentatives de normalisation, à éviter l'enfermement dans un style:

"De style, je n’en ai pas, dit-il . Je n’en veux pas. Le style, c’est une infirmité. Des béquilles de luxe ! Je ne veux pas que l’on me reconnaisse. Les mots n’appartiennent à personne. Je fais comme tout le monde, j’écris le roman anonyme de la fin du XXe siècle."

                                                                                                                               

                                                                                                                        Claude Guibert
                                                                                                                                                                commissaire de l'exposition

                                                                                                                        http://guibert-claude.e-monsite.com/

                                                      

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