Untel

Les mots d'UNTEL

 

 Untel Villeurbanne

Rencontre / débat avec le groupe UNTEL

| 19:00
→ IAC
Présentation par le critique d'art Cyrille Bret, d'UNTEL, son histoire et son contexte de création et d'évolution au cours des années 70.
Soirée animée par Cyrille Bret, interrompue par les Mots d'UNTEL


Cyrille BRET
Professeur d'histoire de l'art à la HEAR depuis 2014 après avoir été ATER à l'université Lyon 2 et s'être occupé de médiation et de programmation culturelle pour l'Iac, le macLYON et la Biennale de Lyon, sa démarche historienne est nourrie par l'anthropologie et les sciences de la cognition. Ses recherches portent principalement sur les formes de rationalité esthétique, le pluralisme ontologique des œuvres d'art, et depuis peu sur les questions de globalisation artistique. Il est l'auteur d'un essai intitulé Robert Filliou et sa « recherche ». Les enjeux plasticognitifs de la Recherche sur l’origine, Québec, Inter éd., 2010. Il est également poète et/ou performeur, et participe à la revue BoXoN (Lyon) depuis 1998.

UNTEL
La Boîte UNTEL, Collection IAC, Rhône-Alpes est présentée dans l'exposition Collection'15 juqu'au 14 février 2016. En savoir plus
UNTEL est un groupe d’artistes constitué, à l’origine, de Jean-Paul Albinet, Philippe Cazal et Alain Snyers (Wilfrid Rouff prend la place d’Alain Snyers suite au départ de ce dernier en 1978) dont l’existence brève mais passionnée, de 1975 à 1980, a donné vie à de nombreuses actions dans l’espace public. Le dénominateur commun de ces actions est l’investigation du quotidien, investigation sociale et politique, à des fins critiques, très imprégnées des idées contestataires de mai 68 et de la pensée situationniste.
Le groupe effectue une analyse critique de la société dans ses contradictions et procède à une mise en oeuvre permanente de tous les moyens dont il dispose, en s’emparant des matériaux qui existent dans le quotidien et en réalisant des interventions dans l’espace urbain.
Les préoccupations et interrogations des artistes, insérées dans la réalité sociale, s’expriment et se visualisent par le choix et le traitement des supports (affiches, photographies, images, objets, notes, sons, etc.).

Untel : L'art d'être touriste

 

Untel chemise

 

Après LA BOÎTE UNTEL puis LE SAC UNTEL et son succès à la FIAC en 2013, mfc-michèle didier demande au groupe UNTEL de réactiver sa performance Touriste de 1978. Cette dernière consistait, pour les trois membres du groupe UNTEL, à déambuler dans les rues d’une ville pour se faire prendre en photo en duo par un passant, cette action étant simultanément documentée par le troisième compère. Ils étaient chacun affublés d’un costume «Touriste», un ensemble veste-pantalon de peintre en bâtiment blanc et tee-shirt, l’ensemble sérigraphié et badgé du mot touriste. Les trois costumes d’époque seront les pièces maîtresses de l’exposition.

UNTEL est un groupe d’artistes constitué de Jean-Paul Albinet, de Philippe Cazal et d’Alain Snyers (remplacé en 1978 par Wilfrid Rouff). Son existence brève mais passionnée, de 1975 à 1980, a donné vie à de nombreuses actions dans l’espace public, notamment la reconstitution au Grand Palais du Déjeuner sur l’herbe d’après Manet à l’occasion du Salon des artistes français (1975); Fashion Show, défilé de mode simulé dans la Grande Galerie du Louvre en tenue de Touriste (1978) et de nombreuses interventions polémiques dans plusieurs villes en France.

Le dénominateur commun de ces actions est l’investigation du quotidien – investigation sociale et politique – à des fins critiques, imprégnée des idées contestataires issues de mai 68 et de la pensée situationniste.

Untel tourist color web

Galerie:

mfc-michèle didier 
66 rue Notre-Dame de Nazareth
75003 Paris, France

Exposition du 20 novembre 2015 au 16 janvier 2016
Vernissage le jeudi 19 novembre 2015

Jean-Paul Albinet : Slogans collection

Jean paul albinet what else

Jean-Paul Albinet : What else ?
 

Untel et après..

En s'attelant à la tâche ardue de collectionner depuis 1988 les slogans publicitaires lus dans les magazines, vus à la télévision ou remarqués sur les affiches urbaines, Jean-Paul Albinet ne renie pas ses origines. Car si cette démarche s'inscrit dans la lignée de son parcours artistique, ayant pour finalité la conservation «d'une dose de quotidien », elle prolonge celle entreprise dans un collectif qui appartient désormais à l'Histoire. Le groupe Untel fut, en effet, un collectif d'artistes créé en 1975 à Paris par Jean-Paul Albinet, Philippe Cazal et Alain Snyers. Ces copains étudiants d’écoles d’art ont eu pour objectif pendant cinq ans d’aborder « La vie quotidienne en milieu urbain ». Par tous moyens (création d’objets, installations, interventions), ces artistes se sont employés à proposer un regard critique sur les éléments constitutifs de la société urbaine de consommation.

« Slogans collection »


C'est dire si « Slogans collection » qui regroupe actuellement environ quatre mille slogans issus du sport, de la mode, de l'économie, ou du tourisme (sans nom de marque ni référence précise à un produit) porte la griffe de cette préoccupation initiale. Ces slogans sont simplement classés par année pour composer actuellement vingt six ensembles comprenant chacun, suivant le millésime entre cinq et dix huit stèles. Toutes les années collectionnées sont caractérisées graphiquement par un fonds photographique imprimé d'aspect marbre, ou chacune a sa couleur spécifique allant du rouge au vert, du bleu au gris, etc. Les textes des slogans apparaissent eux toujours découpés sur un fond couleur or.
On sait combien Jean-Paul Albinet a abordé de front l'étendard de la mondialisation : le code-barre avec lequel il a joué pour mieux nous montrer comment ce petit symbole technique tellement banal dans notre quotidien, révèle et désigne l'uniformisation des échanges et l'emprise de la société marchande sur toute la planète. La collection des slogans publicitaires participe donc de cette même volonté de mettre à jour cette domination de la culture mercantile sur nos vies.
Au-delà du propos initial, il y a, me semble-t-il, dans cette action de longue haleine, la tentative de quelque chose qui relève de la performance à la manière d'un Roman Opalka et son long périple dans l'incrémentation des nombres sur ses toiles. Et comme nous sommes ici dans le décor d'une bibliothèque, comment ne pas évoquer la constance infinie du moine scribe qui, année après année, dans le scriptorium de son monastère, préservait la mémoire du monde ?
Jean-Paul Albinet n'a pas choisi une présentation numérique de cette littérature de notre quotidien. Il a voulu, avec cette présentation formelle, nous donner le sentiment que cette mémoire publicitaire devait s'inscrire dans le marbre, singulier privilège pour des formules le plus souvent envolées au fil des jours. Il reste que si ces tables de la loi publicitaires devaient survivre à notre civilisation, les éventuels défricheurs de ces textes formant un bout à bout énigmatique risquent de s'interroger avec perplexité sur les commandements auxquels nous étions assujettis.

Claude Guibert Chroniques du chapeau noir

http://imago.blog.lemonde.fr/2014/07/21/jean-paul-albinet-what-else/

Jean-Paul Albinet dans l'Encyclopédie audiovisuelle de l'art contemporain

Philippe Cazal : la parole au pied du mur

Philippe cazal les limites insaisissables 2002 vue 3 gallery full


Midi-Pyrénées - Philippe Cazal - Les limites insaisissables - 2002 - Université de Montpellier II
Traitement de la façade du bâtiment en lettres adhésives (3,60 x 54,50 m).
La halle de mécatronique est un laboratoire de recherche de l'Université des sciences et techniques du Languedoc. Le bâtiment présente une façade de 60 m de long dont le traitement artistique est apparu une nécessité, dans le but de situer et de signaler ce bâtiment au moyen d'une signalétique forte.


Après des études à l'École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris, Philippe Cazal réalise des assemblages d'objets en résonance avec les symptômes de la société. Ses principaux sujets d’inspirations sont la ville, le social, l’économie, le politique, le poétique et aussi la position de l’artiste contemporain.

Membre d'Untel de 1975 à 1980, il présente avec le groupe Vie Quotidienne, un environnement de type « Grand Magasin » au Musée d’art moderne de la Ville de Paris (Biennale de Paris, 1977). Dès 1984, il se présente comme un « Artiste publicitaire », transforme son nom en logo (via l'agence parisienne Minium) et développe son « image de marque » en détournant les codes de l’univers du marketing et de la publicité.


Philippe Cazal dans l'Encyclopédie audiovisuelle de l'art contemporain

Quand les attitudes deviennent paroles

Regards sur la scène française depuis les années soixante

Interviwer la performance

Ces " Regards sur la scène française depuis les années soixante " dessinent les contours d'un pan de l'art de notre temps, d'un courant particulièrement indocile, indomptable, difficile à cerner et même à définir. Car le terme de performance recouvre à l'évidence des pratiques diverses, se présentant sous des noms variés : happening, actionnisme, art de rue, théâtre total,  poésie sonore.... Ces appellations indiquent combien cette notion de performance ne s'en tient pas aux arts plastiques mais dépasse les frontières en direction du spectacle, du théâtre notamment. Dans son introduction, l'ouvrage n'élude pas la question en précisant qu'on ne peut se satisfaire d'une seule définition de la performance. Soulignant ce "Renouvellement des stratégies d'indiscipline", les auteurs décrivent ( avec Eric Mangion ) la performance comme "un terme générique qui englobe toutes les typologies d'actions définies à travers le temps, à savoir happening, event, body art, art action ou interventions plus conceptuelles".
On observera avec les entretiens réalisés auprès d'une douzaine d'artistes que ceux-ci adoptent parfois des appellations diverses, confirmant leur sensibilité réfractaire à toute tentative de classement réducteur.
L'introduction de cette investigation resitue dans les années soixante le contexte dans lequel cette notion de performance s'inscrit. Cet art d'attitudes se développe dans une époque ou coexistent les expressions publiques, où se révèlent les créations théâtrales comme le Living theater de Judith Malina  et Julian Beck ou le Bread and Puppet Theater de Peter Schumann et ou la rue connaîtra une primauté politique.  Les noms de Ben et Jean-Jacques Lebel, s'ils sont évoqués, ne font pas partie des artistes interviewés, pourtant tous deux acteurs majeurs de cette histoire, Ben pour avoir contribué à l'arrivée du mouvement Fluxus en France et et Jean-Jacques Lebel pour l'importation du happening en Europe. Un peu surpris également de ne pas voir citer une seule fois les noms de Jean Mas proche de Fluxus  et ses nombreuses "PerforMas" ou encore de Roland Sabatier, membre moteur de la deuxième génération lettriste.
Chaque entretien, réalisé entre 2011 et 2012, a fait l'objet d'une retranscription en concertation avec chaque artiste qui a validé ensuite le texte final.
C'est donc un témoignage vivant sur un art bien vivant qui rassemble de Julien Blaine à Jean-Luc Verna les composantes de cette pratique artistique décidée à se tenir à l'écart des formats institutionnels et marchands.
Le corps apparaît comme l'outil primordial de cette expression, qu'il s'agisse d'un corps engagé dans un art relationnel avant la lettre où d'un corps matériau soumis à toutes les contraintes comme chez Orlan.

Dejeuner sur l herbe untel

"Le déjeuner sur l'herbe" Groupe Untel intervention non officiel Salon des artistes Français Galeries nationales du Grand Palais 8 avril 1975

                                                                 

Untel

Cas particulier dans cette liste d'artistes, celui du seul groupe présent, Untel. Le groupe Untel fut un collectif d'artistes créé en 1975 à Paris par Jean-Paul Albinet, Philippe Cazal et Alain Snyers. Ces copains étudiants d’écoles d’art ont eu pour objectif pendant cinq ans d’aborder «La vie quotidienne en milieu urbain». Dans cet univers que le sociologue américain David Riesman appelait «La foule solitaire», c’est un groupe formé d’individus innommables qui s’en prend aux médias, au marché, au tourisme, à la publicité pour mieux toucher du doigt les maladies de la vie sociale urbaine.
Aujourd'hui la performance aurait-elle acquis droit de cité au sein des institutions comme le Street-art a pris place entre les murs des musées ? Dans les deux cas, c'est l'identité même de cette pratique, marquée par ses valeurs subversives, qui serait en question.

                                                                             Chroniques du chapeau noir

Interviewer la performance
Mehdi Brit, Sandrine Meats
Manuella éditions
Octobre 2014
ISBN : 978-2-917217-61-0

Source :  http://imago.blog.lemonde.fr/2014/12/16/quand-les-attitudes-deviennent-paroles/

Untel : une page blanche dans la ville.

350 mètres d’images en continu pour les Rencontres de la photographie d’Arles, en juillet 1976

Untel arles 76

Dans cet univers que le sociologue américain David Riesman appelait «La foule solitaire», c’est un groupe formé d’individus innommables qui s’en prend aux médias, au marché, au tourisme, à la publicité pour mieux toucher du doigt les maladies de la vie sociale urbaine. Le groupe Untel fut un collectif d'artistes créé en 1975 à Paris par Jean-Paul Albinet, Philippe Cazal et Alain Snyers. Ces copains étudiants d’écoles d’art ont eu pour objectif pendant cinq ans d’aborder « La vie quotidienne en milieu urbain ». Déjà le nom du groupe annonce cette volonté de situer cette action dans un anonymat peut-être destiné à fondre leur regard dans un environnement où chacun ignore l’autre, où l’invisibilité des individus contribue à l’abandon d’un regard critique.
Avec leur action lors des Rencontres photographiques d'Arles en 1976, ces artistes anonymes donnent la parole au public dans les rues de la ville en mettant à leur disposition cette longue page blanche.

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