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Jacques Villeglé : de A à Z

Alphabet villegle

Jacques Villeglé

Qu'est-ce que l'alphabet socio-politique ? Jacques Villeglé, saisi par un graffiti dans le métro, l'a développé dès 1969 : « Nixon rendait visite à Charles de Gaulle. Il y avait des « Nixon atome » écrits partout sur les murs de Paris. Dans le métro, je vois un Nixon, avec le N formé des trois flèches socialistes berlinoises de 1930, le I, c'était la croix de Lorraine, le X la croix gammée, le O un cercle méditerranéen avec la croix celtique à l'intérieur et à nouveau pour le N, les trois flèches. Je me suis dit, c'est formidable, parce que ça montre l'animal politique ».

Cet alphabet n'a intéressé le monde de l'art qu'à partir des années 2000. Avant cette date, l'artiste déclare avoir dû quémander auprès de ses commanditaires pour placer quelques uns de ces signes dans ses affiches ou fresques : le temps peut-être que les coutures de l'Histoire au XXe siècle soient moins apparentes, coutures dont ces sigles forment les fils colorés, dont ils révèlent soit une tragédie, soit un système idéologique. Le but de Villeglé est de collecter ces signes pour faire trace : « je suis un témoin de notre époque». C'est ce qui a séduit Christian Olivier : « j'aime ce graphisme dans l'écriture de Jacques. C'est quelqu'un d'engagé dans l'art, mais aussi au niveau de la société et politiquement. Toutes ses images ont une application sociale et politique, ça me parle beaucoup ».

Désormais, c'est à cet alphabet que Jacques Villeglé se consacre, car il s'agit d'une écriture en continuelle modification. Il révèle à nos yeux les haines actives, pose côte à côte le @ et le croissant marxiste, réinvente un rébus du XVIIe siècle sur la religion, ou joue avec les figures mythologiques hybrides de la sirène et du centaure. Il ne s'agit pas d'approuver l'un ou l'autre de ces signes, mais bien de révéler nos vies humaines, et souvent nos propagandes. Villeglé parle de « guérilla des signes » à leur sujet : ils se font la guerre entre eux, ils nous font la guerre à nous qui oublions trop vite, et les O explosent comme des bombes. Si cet alphabet dérange le réel, c'est pour en désamorcer les sigles, nous alerter aussi, et renforcer le pouvoir graphique de l'écriture qui en devient énigmatique. C'est une mise à plat de toutes nos croyances, pour ne pas « effacer ce qui a été important dans notre vie », nous dit Villeglé. Sur ses choix esthétiques, il ajoute : « il ne faut pas banaliser et il ne faut pas provoquer. Je comprends que les gens soient quelques fois choqués, mais il faut raconter notre Histoire sans gommer ce qui ne nous plaît pas ». (source BBC news)

Villegle

Jacques Villeglé

Grim Team : " Fluctuat nec mergitur "

 

Grim team

Quai Valmy Paris 16 Novembre 2015

 

" Après la place de la République, le quai de Valmy. Les grapheurs parisiens du collectif Grim Team ont réalisé une nouvelle fresque géante ce lundi soir sur laquelle on peut lire en lettres blanches sur fond noir la devise latine de Paris : Fluctuat nec mergitur (Battu pas les flots mais ne coule pas).
A l’aide d’une nacelle, ils ont entièrement recouvert le mur pignon qui fait face au café Prune, le long du canal Saint-Martin (Xe). «On n’a trouvé que ces mots collaient parfaitement l’actualité», explique Chaze, membre du collectif, surpris de voir que la première fresque, peinte samedi place de la République, est devenue un point de recueillement ou des anonymes affluent pour déposer bougies et petits mots. De nombreux Internautes se sont également réappropriés la célèbre devise."

Source : La Parisien 16 Novembre  2015

 

Paris

Place de la République Paris 16 novembre 2015

Stanislawa Zacharko-Lagowska : les mots à la trace

 

Stanislawa Zacharko-Lagowska

Cycle de photographies « Oeuvre de Dieu ! »

 

Cycle de photographies « Oeuvre de Dieu ! » de Stanislawa Zacharko a été réalisé d'une manière très spécifique. En 2011 pendant son séjour a Lvov en Ukraine en se promenant dans la ville artiste a aperçu un tract dont elle ne comprenait pas le contenu. Elle a été intriguée par deux mots agrandi fortement sur un fond rouge et blanc : БОЖΑ CПРΑΒΑ! (« Oeuvre de Dieu ! »). Pas très loin de sa découverte elle a trouvée un autre, un peu plus loin des autres. Elle les a suivi ...

 

 

 

Stanislawa Zacharko-Lagowska

artiste photographe, historienne d’art.

Née en 1958 a Przemysl. 1977-85

Etudes Supérieures à l’Université Jagellonne, Cracovie – histoire d’art, 2003/4 Etudes Supérieures «Gestion de la culture» à l'Institut des affaires publiques à l'Université Jagellonne.

Travaille en tant que de la galerie BWA à Kielce en Pologne, critique d’art, curateur de nombreuses expositions. Travail artistique : crée formes spatiales d'osier, mis en œuvre dans le plein air en Pologne et en Ukraine, les peintures, la photographie artistique. Membre de l'Association Nationale de Créateurs en Osier, l'Association Polonaise des Photographes d'Art, Association des Historiens de l'Art. Nombreuses expositions en Pologne et Ukraine.

Autant artiste photographe elle est fascinée par des enseignes, affiches, dépliants fixes
aux parois, des inscriptions, des graffitis.

« Ce sont des annonces, des messages envoyés par quelqu'un qui espère que les autres vont les lire, et comprendre d'une manière l'expéditeur veut être compris. Mais la rue et sa langue est une création en constante évolution, sans cesse en évolution : les signes et les annonces disparaissent laissant vides, espaces vides si facilement sombrer dans l'oubli. Affiches sont couverts par d'autres affiches, dépliants sont arrachées, de nouveaux mots, des taches de peinture et de projections ajouté à inscriptions graffiti.

Très souvent, les accidents et la destruction transforment les anciens messages en nouvelles : des mots simples, parties de visages, des signes mystérieux créent ambiguë, parfois des commentaires moqueur. La matière dégradée, couleurs délavées, structures de désintégration créent des images émanant beauté et l'harmonie d'une œuvre. Parties de textes et contextes aléatoires créent de nouveaux slogans. Privés de l'environnement de la rue par l'acte de la photographie, encadrée d'une manière spéciale, ils créent une nouvelle qualité dans la communication ; mis en un espace et juxtaposés qu'ils reçoivent le commentaire d'un auteur.

 

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Article transmis par la correspondante pur la Pologne du Festival La parole est d'Art : WELA

 

La parole militante : les Malassis

Malassis

" La Coopérative des MALASSIS comprenait cinq peintres: CUECO, FLEURY, LATIL, PARRE, TISSERAND. Rien n'est différent, en apparence, de ce qui se passe dans une coopérative laitière ou artisanale: mise en commun de locaux, de matériel, de compétences techniques etc...; mais en réalité, il s'agit d'une association de pein­tres s'efforçant, par une pratique poussée de création collective, de rechercher ou d'approfon­dir de nouvelles formes d'art politique.
La coopérative des Malassis est issue du salon de la jeune peinture dont le rôle a été prépondérant en France avant 1968, et en 1968 même. Les premiers écrits ou travaux de la Jeune Peinture témoignent dès 1966 de la conscience claire d'une crise idéologique et de la nécessité de repenser le rôle des artistes et de leurs pro­duits en termes politiques. La crise de mai 1968 a illustré et fait mûrir ces points de vue donnant à la Jeune Peinture une position d'avant garde. Dès 1967 en effet les peintres du " La Coopérative des MALASSIS comprend cinq peintres: CUECO, FLEURY, LATIL, PARRE, TISSERAND. Rien n'est différend, en apparence, de ce qui se passe dans une coopérative laitière ou artisanale: mise en commun de locaux, de matériel, de compétences techniques etc...; mais en réalité, il s'agit d'une association de pein­tres s'efforçant, par une pratique poussée de création collective, de rechercher ou d'approfon­dir de nouvelles formes d'art politique.
La coopérative des Malassis est issue du salon de la jeune peinture dont le rôle a été prépondérant en France avant 1968, et en 1968 même. Les premiers écrits ou travaux de la Jeune Peinture témoignent dès 1966 de la conscience claire d'une crise idéologique et de la nécessité de repenser le rôle des artistes et de leurs pro­duits en termes politiques. La crise de mai 1968 a illustré et fait mûrir ces points de vue donnant à la Jeune Peinture une position d'avant garde. Dès 1967 en effet les peintres du salon de la jeune peinture affirmaient:
La nécessité de dépasser la conception esthé­tique en ne lui donnant comme fonction que le seul rôle de véhicule du langage pictural.
La nécessité d'affirmer la prééminence du con­tenu politique de classe.
La nécessité de développer la pratique de grou­pe en soumettant le travail individuel à la vision critique du groupe."

Source : catalogue de la galleria Ciak à Rome en 1973


Herni Cueco, seul témoin vivant de la copérative des Malassis, a poursuivi son oeuvre personnelle. Témoignant sur ce chemin redevenu solitaire, le peintre s’exprime avec beaucoup de simplicité ; on le sent toujours en quête d’interrogation sur son travail, presque étonné de son développement.



 

Henri Cueco Encyclopédie audiovisuelle de l'art contemporain

http://imago.imago.perso.sfr.fr/cueco.htm

Les Malassis,
une coopérative de peintres toxiques (1968-81)
du 18 octobre 2014 au 8 février 2015


Musée des Beaux-Arts de Dole
85 rue des Arènes - 39100 Dole
 

 

Miss.Tic joue la fille de l'Art

"Je prête à rire mais je donne à penser"

Miss tic femme de l etre

Grande figure du Street Art, Miss.Tic a fait des rues de la capitale sa plus belle galerie. Depuis 1985, elle bombe au pochoir, sur les murs, des billets d’humeur illustrés de portraits de femmes, légendés de phrases pertinentes et impertinentes. Voici enfin réunies, dans un ouvrage,'"Je prête à rire mais je donne à penser") ces phrases à l’humour subtil et corrosif. Aphorismes, sentences, épigrammes, formules, épitaphes, jeux de mots, messages qui nous parlent de notre époque, de l’amour, du temps qui passe. Entre calembours et traits d’esprit, son écriture est jubilatoire, ses figures de mots transgressent les régles élémentaires de notre langage et de nos lieux communs. Ces textes révèlent une expérience artistique libre, singulière et provocante. (Source Editions Grasset)

Mis tic fille de l art

Pierre Fraenkel : la parole fait le mur

Que serais-je sans toit ?

Son mode opératoire est simple : il prend son pot de peinture et de colle sous le bras, dégote un panneau d'affichage libre, et passe à l'acte devant le regard surpris des passants et parfois même de la police. Pourtant, cette pratique est totalement légale : « Tout le monde peut utiliser ces panneaux si c'est à but non lucratif. Mais personne ne le fait sauf les associations. Moi, mon rôle, c'est de dire que si un jour les gens ont quelque chose à dire, ils peuvent le faire avec ce support. »
Lui ne s'en priva pas, collant à tout va. Jusqu'à 250 affichages dans toute la France. Car il faut coller beaucoup pour être vu, dans la mesure où une œuvre peut être recouverte 10 minutes après la pose. « C'est le revers de la médaille mais ça en vaut le coup », confie l'artiste. Il aime bien rester et voir la réaction des passants, et découvrir le sens qu'elle prend sous d'autres yeux, des sens auxquels il n'avait même pas pensé.
Frankael
Mais comment un artiste sortant des Beaux-Arts en vient à investir la rue ? Il y a bien sûr la difficulté à se faire une place dans le monde de l'art, mais aussi un déclic venu d'un négatif trouvé par terre il y a cinq ans, représentant deux gamins dans les années 30. « Je suis curieux et sentimental, alors je l'ai développé en grand format et affiché de façon sauvage. J'ai ensuite acheté beaucoup de photos sur les marchés aux puces. Pour moi, elles ont un caractère vivant, c'est un moment qui a existé et que j'aime faire revivre », nous dit-il en nous montrant une photo d'un inconnu dans son portefeuille, côtoyant celle de son neveu.
Un impact visuel
Après les images, est venu le temps des mots, « un langage plus rapide et plus lisible». Mais il y avait un hic, un problème d'orthographe : « Plutôt que de me galérer à faire des fautes, j'ai commencé à écrire des mots phonétiquement. Je me suis rendu compte que je faisais de la poésie, que cela avait plus de force visuellement», déclare celui qui ne ne s'embarrasse plus à conjuguer le verbe faire mais écrit vite «fée », bien «fée ».
Extait de Pierre Fraenkel s'affiche   (www.jds.fr)

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