Blog "La parole du Festival"

Jadwiga Sawicka : les mots sont des choses

 

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Jadwiga Sawicka

 

La correspondante pour la Pologne du Festival La parole est d'Art, Wela, nous propose de découvrir un second artiste polonais pour lequel la parole et les mots participent au développement de l'oeuvre : Jadwiga Sawicka.

 

 

"Les mots sont importants pour moi: en plus de la signification littérale ils ont leur potentiel émotionnel; peuvent être ironique, sensible, dangereuse, venimeux, etc. Je cherche pour eux plus tard un autre contexte qui pourrait être le lieu, la couleur ou d'autres mots. Ainsi se créent de nouvelles significations et de nouveaux potentiels émotionnels.

En peignant les mots, je les traite comme des choses - comme si j'avais peint par exemple: arbre. Donc, je réagis sur l'apparition du mot; son longueur et la forme des lettres. Je les regarde comme des formes abstraites, parce que en peignan un arbre, on doivent également faire de l`abstraction pour les apercevoir vraiment, et non dupliquer nos idées sur "l'arbre en général "

Lire et regarder se complétent mutuellement (bien que cette action limitée des raisons linguistiques), ils apportent une dimension supplémentaire, vous pouvez par exemple: apprécier l'apparition d'un tel long mot comme: "„zanieczyszczenie”(pollution)…

 

Jadwiga Sawicka, peintre polonais, née en 1959 à Przemysl, vit et travaille à Przemysl, Pologne

Dans les années 1979-1984, elle a étudié à la Faculté de Peinture, Académie des Beaux-Arts de Cracovie.

 

 

 

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Dominique Koch : les mots au-delà du bavardage

Koch

 

Dominique Koch (née en 1983, vit entre Paris et Bâle) travaille sur la question de la langue comme outil de communication mais également comme matière sonore. Au-delà de considérer la parole en tant que code, discours ou matériau plastique, son projet pour le CCS invite à une réflexion sur l’entrée du langage dans la sphère économique, engendrant un véritable changement d’époque, un tournant linguistique avec des conséquences politiques et socioculturelles. Les œuvres sont conçues à partir d’une série de rencontres avec des personnes étudiant ces mécanismes. L’installation, sous forme de parcours sculptural et sonore, accompagnée d’éléments imprimés, devient un champ de réflexion conceptuel sur le langage, le parler et les mots.

 

Dominique Koch
Beyond Chattering and Noise

du vendredi 29 mai au dimanche 12 juillet 2015
Vernissage le vendredi 29 mai 2015 de 18h à 21h

Centre culturel suisse
32-38 rue des Francs-Bourgeois,
Paris 75003, France

 

Jaume Plensa « L’âme des mots »




Plensa    



 « J'ai toujours aimé l'idée de mots gelés, explique l'artiste Jaume Plensa. L’idée que quelque chose est en suspens dans l'air. ... C'est un exercice de communication, comme envoyer un message dans une bouteille. Mais je ne sais pas qui trouvera la bouteille et où."»
Jaume Plensa pensait devenir médecin. C’est pourtant vers la sculpture que sa relation au corps humain prendra forme. Il débute sa carrière par des sculptures monumentales en fonte qui lui valent un succès d’estime sur le marché international de l‘art contemporain au début des années Quatre-vingt. La galerie nationale du Jeu de Paume à Paris lui consacre en 1997 une première rétrospective. Dans l’histoire de l’art de la deuxième moitié du vingtième siècle, les artistes qui ont pris l’art au pied de la lettre l’ont plus souvent fait par la peinture que par la sculpture même si quelques artistes notoires peuvent contredire cette affirmation. Des Lettristes au groupe Textruction, nombreux sont les exemples de cet intérêt plasticien pour la lettre et l’écrit.

La grande nomade

En 2010, au musée Picasso d’Antibes, Plensa présentait une exposition intitulée « L’âme des mots » alors que sa sculpture monumentale «Le Nomade» montait la garde en bord de mer.
Avec cette sculpture, Jaume Plensa semble tendre la main au «Penseur» de Rodin dans un geste contemporain où le signe de l’écrit habite entièrement l’être humain, le façonne, et désigne alors cette seule enveloppe communicante révélatrice de nos attitudes actuelles. L’homme de Jaume Plensa, qu’il soit seulement tête ou corps, s’anime, comme le dit l’artiste, de «quelque chose en suspens dans l’air », traversé par ces ondes, ces fils invisibles qui nous relient chaque jour davantage aux autres dans une communication virtuelle le plus souvent.
Cette « bouteille à la mer » dont parle Plensa, serait-elle à l’image de tous ces petits messages que nous laissons dériver chaque jour au gré d’un hyperlien, d’un SMS…. ou d’un article sur un blog ?

Chroniques du chapeau noir

Photo : 1 http://www.typetoken.net/visual-language/jaume-plensa-yorkshire-sculpture-park/

Photo Antibes source : http://petanqueandpastis.typepad.com/my_weblog/2007/08/la-grande-nomad.html



Parole de Breton en homme-sandwich

Breton

C'est en homme sandwich que Breton s'est présenté au festival Dada organisé le 27 mars 1920 au théâtre de l'OEuvre. Sur l'affiche dessinée par Francis Picabia, on peut lire : « Pour que vous aimiez quelque chose il faut que vous l'ayez vu et entendu depuis longtemps tas d'idiots. »

Régis Crozat : donner la parole, un bien commun

Dans le cadre de la prochaine manifestation NOMAD à Paris 3eme, l'artiste Régis Crozat donne la parole aux visiteurs en leur offrant une palissade.

Palissade crozat

La palissade enchantée et le bien commun


Une structure avance, segmente, occupe, elle s’ancre à tout ce qui lui permet de se maintenir debout parmi nous. Devenue un bien commun, chacun pourra se l’approprier en y laisser sa trace, ou bien “immortaliser“ sa présence le temps d’un selfie. Visuellement, elle illustre la rupture dans le processus d’aménagement urbain de plus en plus policé, une forme chaleureuse apportée par la texture du bois et la légereté de sa conception.
Le bien commun
Une structure remarquable : Une palissade mobile rompt avec la rigidité du mobilier urbain, un bien commun que chacun utilise pour y déposer ses idées ou se l’approprier le temps d’un selfie.
Le temps d’une installation/performance un espace de liberté. Elle accueille, reçoit et donne... du plaisir, des doléances, des idées.

Le concept : A l’exemple des murs d’images et de leurs commentaires sur les réseaux sociaux, je crée un mur où chacun collabore avec ses idées, ses dessins, ses images. L’espace et le temps d’un week end le volume ondoyant se laisse recouvrir et gagner par ses contributeurs. L’implantation : indifférenciée, dans un contexte urbain il existe toujours des points d’ancrage : arbres, grilles, panneaux de signalisation, mobilier urbain, plots, piquets, murs... la colonisation ou le parasitage s’avèrent aisés. L’appropriation éphémère, la palissade appartient à tous en se revendiquant comme un bien commun.


1 - Chacun est libre d’y déposer ses idées, d’y laisser sa trace, de s’y photographier, mais il n’en demeure que l’utilisateur temporaire. A charge pour chacun de veiller à ce que cette
fonction et cet usage soient respectés ainsi que la bonne tenue le temps de l’installation.
2 – Le principe du bien commun, le bien appartient à tous et à personne, même pas à une commune ou un état. le temps de l’installation/performance, aucune propriété privée.
3 – La performance est réalisée par les passants, invités à participer;

Palissade crozat2

Paweł Susid : construire la parole de l'art

Le blog du festival ouvre aujourd'hui ses pages au premier correspondant étranger du festival, l'artiste Wela qui nous fait découvrir des artistes polonais pour lesquels le mot et la parole sont partie prenante de l'oeuvre. Pour ce premier article! : Paweł Susid.

Susidponiedzialek 2010

 Paweł Susid 2010

(Texte du tableau: lundi, mardi, mercredi, jeudi,vendredi,samedi, dimanche )

Paweł Susid est né en 1952 à Varsovie,où il vit et travaille.

Peintre, illustrateur, designer et professeur. Il étudie à l’Académie des Beaux-Arts à Varsovie. Dans les années 1984-1992, il dirige la Galerie des Jeunes du Club MPIK « Bielany » à Varsovie. Il fait ses débuts dans les années 80. Ses premières œuvres – tableaux et dessins sur papier – réponse à la situation sociopolitique de l’époque s’inscrivent dans la direction de la nouvelle expression. Dès lors le texte apparaît comme commentaire des scènes, gagne peu à peu l’autonomie, et commence à remplir les compositions entières des tableaux, et à ce jour reste un important motif de son œuvre. Au milieu des années 80, la place de la forme expressive prend le langage géométrique, se référant au constructivisme et l’œuvre d’avant-garde. Susid n’abandonne pas, cependant, la position de l’artiste engagé dans les problèmes de la vie quotidienne, du commentateur souvent ironique de la moralité, politique ou monde de l’art.

Les oeuvres de Susid agissent sur le spectateur comme des affiches, où les mots sont utilisés non seulement pour transmettre un contenu spécifique, mais jouent également le rôle de signe visuel.  L'artiste jongle consciemment les relations entre mot et la forme sur la surface de toile, qui construit le principal contenu des images.   WELA

Susidusa

 Paweł Susid 2010

David Buckland : les mots pour la terre

Buckland

David Buckland, artiste de réputation internationale, créé en  2001 le Cape Farewell project qui rassemble des artistes, des scientifiques et des éducateurs pour sensibiliser au changement climatique.  
David Buckland est un concepteur, artiste et cinéaste dont les œuvres à base de lentille ont été exposées dans de nombreuses galeries à Londres, Paris et New York et rassemblées par la Galerie de portraits nationale, Londres, le Centre Georges Pompidou, Paris, le Metropolitan Museum, New York et la Collection(le Ramassage) Getty, Los Angelès notamment.

David buckland

Jean Mazeaufroid : Qu'est-ce qui se trame ?

Mazeaufroid

Jean Mazeaufroid

Jean Mazeaufroid


Né à Limoges, 17 juillet 1943  Décédé le 4 octobre 2001

Jean Mazeaufroid a participé en 1971 à la création du groupe Textruction, avec notamment Badin, Duchène, Jassaud et Vachey. 


"Le procès de la "peinture-écriture" passera essentiellement par les signes : impressions, marques, signes alphabétiques ou idéogrammatiques... "La couleur comme "signe": révélant, occultant, détruisant, recomposant, s'associant à la lettre, à la surface, imprégnant le tissu, le textile, agitant l'île du texte. Tout cela se retrouve chez Jean Mazeaufroid à travers ses premiers travaux sur bannières et banderoles dans les années 1970/1971, les croisements de textes politiques et érotiques de 1972 puis le passage au module Trame-chaîne qui va investir toute la surface de la toile. Mais ce qui fonde aussi le travail de Jean Mazeaufroid selon ses propres mots, c'est le "rapport trouble" qu'il établit entre peinture et tissage, comme si le tissage était déjà œuvre d'art, construction d'espace, ce qui renvoie à la toile comme valeur, c'est à dire production humaine qui se veut aussi tentative de se dresser une voie hors un "état révolutionnaire du signe. Patrick Rousseau
 

Jean Mazeaufroid dans l'Encyclopédie audiovisuelle de l'art contemporain

http://imagoartvideo.perso.neuf.fr/mazeaufroid.htm

Stefan Sagmeister : le bonheur des mots

The happy show stefan sagmeister
The Happy Show. du 28 Novembre 2013 au 9 Mars 2014. La Gaîté lyrique Paris

A la recherche du bonheur, les travaux graphiques, photographiques et vidéos de Stefan Sagmeister

Stefan Sagmeister tient un journal depuis son enfance, il a la passion des lettres, des mots, des phrases et des listes de choses à faire. Il puise dans ses expériences et sensations personnelles pour nourrir ses travaux. Pour lui, le message passe toujours mieux quand on y a mis du sien. Tel un journal de bord qui se déploie, l’exposition est une plongée dans son graphisme autant que dans ses préoccupations. Plus que jamais en quête de son propre bonheur, il nous parle et il nous écrit, à travers des vidéos dans lesquelles il intervient parfois et des séries de photographies qui ont immortalisés ses typographies. « Ces maximes illustrent l’idée que si tu arrives à savoir ce que tu veux dans la vie et si tu vis selon tes désirs, tu pourras augmenter ton bien-être », explique leur auteur.

Stephan sagmeister the happy show 1

Murs-Murs à Paris

Sur les murs bache

Jacques VILLEGLE, Jef AEROSOL, Jérôme MESNAGER, MISS. TIC, NASTY, CHANOIR, SPACE INVADER, SPEEDY GRAPHITO, MOSKO & ASSOCIES...

50 œuvres de 50 artistes, plus habitués aux murs de Paris qu'aux établissements bancaires, squattent les murs du Crédit Municipal de Paris à partir du 1er avril 2015 pour fêter les 50 ans de l'art urbain à Paris !

Dans la continuité des expositions qu'il organise depuis 2011, le Crédit Municipal de Paris a choisi cette fois-ci de rendre hommage à l'art urbain, un art généreux, souvent éphémère, offert à l'imagination et à la réflexion des passants, quelles que soient leurs origines sociales ou culturelles. Un art dont les valeurs font écho à celles de l'établissement parisien ouvert à tous depuis 1637.

L'exposition présente un panorama de productions de 50 artistes français, à la fois œuvres d'ateliers et photographies des créations in situ, des années 1960 à nos jours. Elles sont le témoignage du foisonnement des techniques, des styles, des supports, des idées et des messages propres à l'art urbain apposés sur les murs d'une ville d'inspiration, Paris.

« Sur les murs » est une exposition du Crédit Municipal de Paris créée en association avec Bob Jeudy, président de l'association Le M.U.R. (Association Modulable, Urbain, Réactif).

Informations pratiques :
A la Galerie du Crédit Municipal de Paris
55 rue des Francs-Bourgeois 75004 Paris

Entrée gratuite

Du 1er avril 2015 au 13 juin 2015.
Du lundi au vendredi de 9h à 18h, jeudi jusqu'à 19h et samedi de 9h à 17h.

Vernissage, mardi 31 mars de 18h à 21h avec DJ STION, et les performances de KATRE et POPAY.

Les idées lumineuses de Jenny Holzer

Jenny holzer paris 2009 louvre couleur 500x333

Jenny Holzer Louvre Paris 2009

Jenny Holzer, née en 1950 à Gallipolis en Ohio, est une artiste conceptuelle américaine qui fait ses études d'art dans diverses écoles au cours des années 1970. Elle participe de cette génération d'artistes qui remettent en cause tant l'espace des galeries et des musées que le rôle de l'artiste subjectif et individualiste. Elle fit partie dans les années 1970 du groupe Colab .    Pour elle l'art doit être non seulement dans la rue, mais doit utiliser les moyens de communication les plus visibles, afin d'être perçu par le plus grand nombre, et par des publics différenciés. Jenny Holzer qui vit et travaille à New York est  héritière de toute la génération imprégnée de la culture des médias, de la télévision et de la publicité.
Au début des années 1980, elle s'intéresse au graffiti et fait peindre à la bombe ses slogans par Lady Pink.
Dans les années 1990 et 2000, elle réalise d'immenses projections lumineuses de ses brefs textes écrits sur les murs de Rio de Janeiro (1999), de Venise (1999), d'Oslo (2000), de Berlin (2001).

Jenny holzer

San Diego 2007

Joël Ducorroy : Tout plaquer !

"Le proverbe nous apprend que l‘habit ne fait pas le moine. Chez les artistes cette maxime ne se vérifie pas toujours. Chez Joël Ducorroy, c’est une évidence. Ni peintre, ni sculpteur, l'artiste ne plonge pas ses mains dans la peinture, ne provoque pas les foules dans des happenings effrénés. Joël Ducorroy, si je puis dire, va au bureau. Ceci n’est nullement une moquerie, car l’artiste revendique parfaitement cette situation. Et pour ce faire, le costume-cravate est de rigueur. Une fois cette apparence établie, il reste l’œuvre. Joël Ducorroy aime à se présenter comme
« artiste plaqueticien », depuis qu’une rencontre avec Serge Gainsbourg lui donna envie d’écrire des mots et des phrases sur des plaques minéralogiques Cet Euréka marqua le début d’une œuvre dont la perspective est infinie.
Ces plaques minéralogiques sont devenues à la fois le mode de désignation de tous les aspects de l’œuvre et l’oeuvre elle-même.
« Reproduction d’une œuvre » est une plaque minéralogique désignant son objet et devenant œuvre. « Signature », « Gravure », « Palette » et c…
Tout y passe. Et lorsque Joël Ducorroy propose, toujours sur le même mode « Tableau de famille reçu en héritage », je rêve de voir cette œuvre, dans trente ans… transmise en héritage. Le temps aura fait l’œuvre du second degré au premier degré !Je garde le souvenir de sa participation à l'exposition "Humanité collective" au Domaine de Chamarande, dans l'Essonne, en 2001, où le commissaire de l'exposition lui proposa d'investir la bibliothèque du château.

Ducorroy chamarande
Joel Ducorroy Domaine de Chamarande 2001

Prenant l'argument au pied de la lettre, l'artiste habita ce lieu avec une singulière bibliothèque "plaquettée".
Voilà. Joël Ducorroy n'est pas au bout de ses peines. La tâche est immense. Et si l'artiste vous dit qu'il veut tout plaquer, prenez le au premier degré. "

                                                                                                                                                                                                   Chroniques du chapeau Noir

Joël Ducorroy dans l'Encyclopédie audiovisuelle de l'art contemporain

Exposition Joël Ducorroy au musée de Soissons
Vernissage le 13 mars 2015 à partir de 18h
Visible jusqu'au 31 mai 2015

Ducorroy soissons

Jean-Paul Albinet : Slogans collection

Jean paul albinet what else

Jean-Paul Albinet : What else ?
 

Untel et après..

En s'attelant à la tâche ardue de collectionner depuis 1988 les slogans publicitaires lus dans les magazines, vus à la télévision ou remarqués sur les affiches urbaines, Jean-Paul Albinet ne renie pas ses origines. Car si cette démarche s'inscrit dans la lignée de son parcours artistique, ayant pour finalité la conservation «d'une dose de quotidien », elle prolonge celle entreprise dans un collectif qui appartient désormais à l'Histoire. Le groupe Untel fut, en effet, un collectif d'artistes créé en 1975 à Paris par Jean-Paul Albinet, Philippe Cazal et Alain Snyers. Ces copains étudiants d’écoles d’art ont eu pour objectif pendant cinq ans d’aborder « La vie quotidienne en milieu urbain ». Par tous moyens (création d’objets, installations, interventions), ces artistes se sont employés à proposer un regard critique sur les éléments constitutifs de la société urbaine de consommation.

« Slogans collection »


C'est dire si « Slogans collection » qui regroupe actuellement environ quatre mille slogans issus du sport, de la mode, de l'économie, ou du tourisme (sans nom de marque ni référence précise à un produit) porte la griffe de cette préoccupation initiale. Ces slogans sont simplement classés par année pour composer actuellement vingt six ensembles comprenant chacun, suivant le millésime entre cinq et dix huit stèles. Toutes les années collectionnées sont caractérisées graphiquement par un fonds photographique imprimé d'aspect marbre, ou chacune a sa couleur spécifique allant du rouge au vert, du bleu au gris, etc. Les textes des slogans apparaissent eux toujours découpés sur un fond couleur or.
On sait combien Jean-Paul Albinet a abordé de front l'étendard de la mondialisation : le code-barre avec lequel il a joué pour mieux nous montrer comment ce petit symbole technique tellement banal dans notre quotidien, révèle et désigne l'uniformisation des échanges et l'emprise de la société marchande sur toute la planète. La collection des slogans publicitaires participe donc de cette même volonté de mettre à jour cette domination de la culture mercantile sur nos vies.
Au-delà du propos initial, il y a, me semble-t-il, dans cette action de longue haleine, la tentative de quelque chose qui relève de la performance à la manière d'un Roman Opalka et son long périple dans l'incrémentation des nombres sur ses toiles. Et comme nous sommes ici dans le décor d'une bibliothèque, comment ne pas évoquer la constance infinie du moine scribe qui, année après année, dans le scriptorium de son monastère, préservait la mémoire du monde ?
Jean-Paul Albinet n'a pas choisi une présentation numérique de cette littérature de notre quotidien. Il a voulu, avec cette présentation formelle, nous donner le sentiment que cette mémoire publicitaire devait s'inscrire dans le marbre, singulier privilège pour des formules le plus souvent envolées au fil des jours. Il reste que si ces tables de la loi publicitaires devaient survivre à notre civilisation, les éventuels défricheurs de ces textes formant un bout à bout énigmatique risquent de s'interroger avec perplexité sur les commandements auxquels nous étions assujettis.

Claude Guibert Chroniques du chapeau noir

http://imago.blog.lemonde.fr/2014/07/21/jean-paul-albinet-what-else/

Jean-Paul Albinet dans l'Encyclopédie audiovisuelle de l'art contemporain

Philippe Cazal : la parole au pied du mur

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Midi-Pyrénées - Philippe Cazal - Les limites insaisissables - 2002 - Université de Montpellier II
Traitement de la façade du bâtiment en lettres adhésives (3,60 x 54,50 m).
La halle de mécatronique est un laboratoire de recherche de l'Université des sciences et techniques du Languedoc. Le bâtiment présente une façade de 60 m de long dont le traitement artistique est apparu une nécessité, dans le but de situer et de signaler ce bâtiment au moyen d'une signalétique forte.


Après des études à l'École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris, Philippe Cazal réalise des assemblages d'objets en résonance avec les symptômes de la société. Ses principaux sujets d’inspirations sont la ville, le social, l’économie, le politique, le poétique et aussi la position de l’artiste contemporain.

Membre d'Untel de 1975 à 1980, il présente avec le groupe Vie Quotidienne, un environnement de type « Grand Magasin » au Musée d’art moderne de la Ville de Paris (Biennale de Paris, 1977). Dès 1984, il se présente comme un « Artiste publicitaire », transforme son nom en logo (via l'agence parisienne Minium) et développe son « image de marque » en détournant les codes de l’univers du marketing et de la publicité.


Philippe Cazal dans l'Encyclopédie audiovisuelle de l'art contemporain

Pierre Fraenkel dans de beaux draps

Dans de beaux draps
Adopte une banderole! Tel est le mot d'ordre de Pierre Fraenkel, street artist mulhousien, qui recherche des draps et des volontaires pour une opération d'art de grande envergure le 20 mars 2015 à Mulhouse et environs.

« Les mots menthe », « Sois débrouille Art », « La chose fée du bien » : ces jeux de mots et expressions détournées sont la marque de fabrique du street artist mulhousien Pierre Fraenkel. On peut les découvrir un beau matin sur un panneau d'affichage, sur le pas de sa porte ou sur une banderole accrochée à un pont, un moyen pour l'artiste d'inscrire ses mots dans l'espace public. Il vient de lancer une opération de grande envergure, baptisé Dans de beaux draps, qui nécessite des volontaires sur Mulhouse et ses alentours. But du jeu ? Afficher une de ses banderoles, écrite en concertation avec l'habitant, le 20 mars 2015, jour du Printemps. Plus le nombre de participants est élevé, plus le challenge et le rendu seront intéressants. Et pour cela, Pierre Fraenkel a besoin de beaucoup de draps et tissus « de tous genres : beaux, moches, neufs, usés » pour réaliser ses banderoles.

 Banderole pierre fraenkel

Monica Bonvicini, la course en tête

Monica Bonvicini artiste italienne, a créé cette immense pièce pour les Jeux olympiques de 2012 à Londres. L'oeuvre a une surface miroir pendant la journée mais la nuit, elle  devient transparente et est éclairée de l'intérieur par des LED.

Monica bonvicini londres 20122

Run nuit

Run

Dans ce document images fournies par l'Olympic Delivery Authority, 'installation de "RUN" de la sculpture de l'artiste Monica Bonvicini sur la place de la Handball Arena de Londres 2012 au Parc olympique le 12 Janvier 2012 à Londres, en Angleterre. (Photo par l'Olympic Delivery Authority via Getty Images)

La parole des artistes : l'aventure de l'Encyclopédie audiovisuelle de l'art contemporain

Facebook bandeau copie

http://imago.imago.perso.sfr.fr/

 Pendant vingt ans, le témoignage de 340 artistes en France

Depuis 1994, le projet d'Encyclopédie audiovisuelle de l'art contemporain est engagé sous la forme d'une investigation vidéo auprès des artistes plasticiens vivant en France. Cette approche documentaire a été développée dans les directions multiples de l'art de la deuxième moitié du XX ème siècle en France. Pour mener à bien ce projet, un module vidéo a été déterminé. D'une durée de treize minutes, ce montage offre la possibilité à l'artiste de témoigner personnellement, directement sur l'itinéraire de son travail. A ce jour, 341 artistes ont accepté de s'associer à ce projet en participant à l'enregistrement des entretiens vidéo. Ces documents bruts ont une durée variable entre 30 et 60 minutes. Sur cet ensemble, 310 sujets de 13 minutes chacun sont actuellement montés et disponibles.
Le Ministère de la culture, avec la mission audiovisuelle de la Délégation aux arts plastiques, a soutenu le projet de l'Encyclopédie. La Bibliothèque Nationale de France s'y est intéressée en accueillant soixante quinze sujets terminés pour la consultation dans la salle audiovisuelle du site de la Bibliothèque François Mitterrand à Paris.

La rep web 15 janvier 2015 

Pierre Tilman : La parole est d’Art

Article paru dans "Chroniques du chapeau noir " http://imago.blog.lemonde.fr/

DigiOeuvre originale créée pour l'exposition "Pierre Tilman , la parole est d'Art" à la galerie le Garage à Orléans 2015

L'exposition "Pierre Tilman, la parole est d'Art" qui s'ouvre vendredi prochain à la galerie le Garage à Orléans constitue la première Ouverture Nomade du projet de festival "La parole est d'Art" dont j'ai proposé la création. Pour ce programme conçu il y a plus d'un an, le vernissage de vendredi prend une résonance particulière.
A l'origine, l'intention a été de présenter dans une même manifestation toutes les paroles sur l'art : du critique d'art au commissaire d'exposition, du visiteur de musée à l'artiste, du bloggeur au médiateur, du journaliste au responsable de galerie, toutes ces paroles contribuent à tenter de cerner ce phénomène insaisissable : la création.

Une liberté publique

J'évoquais, dans un article de septembre dernier, les oppositions auxquelles se trouvent confrontées ces différentes paroles : "Il ne faut pas chercher longtemps dans l'actualité pour trouver les symptômes des oppositions radicales à cette parole. Ces oppositions sont  parfois curieusement le fait de certains qui s'expriment au nom de l'art. Les tentatives se multiplient, notamment dans le domaine de l'art contemporain, pour remettre en question ce qui fait la nature même de cette parole : l'ouverture d'esprit, la remise en cause des tabous, des interdits, bref la liberté de concevoir une pensée déformattée."
Aujourd'hui l'éclairage cru de l'actualité donne un relief particulier à ce projet. Au-delà même des agressions souvent dénoncées ici envers les artistes contemporains et leurs œuvres, la liberté d'expression vient de traverser des moments tragiques avec le massacre de Charlie Hebdo. Plus que jamais la parole des artistes, à l'image de celle des journalistes, des écrivains en général, doit être prise en considération comme un moment privilégié de la liberté d'expression et donc de la liberté en général. Le festival La parole est d' Art mettant en avant la parole de la création sous toutes ses formes se doit d’intégrer ces valeurs de liberté si chèrement payées par les journalistes caricaturistes.

Pierre Tilman : les mots en liberté

Pierre Tilman a été évoqué à plusieurs reprises dans ce blog a propos des multiples aspects de son travail : écrivain, poète, artiste plasticien, performeur, il sait bien de quoi sont faits ces mots dont il joue si aisément. Pour l’artiste plasticien, le plaisir continue. Avec quelques objets de bricolage, quelques petits soldats en plastique, l’art se prolonge comme un jeu d’enfant. Cette parole multiforme qui s'exprime par les écrits, les objets, les lectures-performances  fait de cette œuvre un exemple significatif du contenu ambitionné par le festival La parole est d'Art.

Pierre Tilman "La parole est d'Art"

Pierre Tilman "La parole est d'Art"

Aujourd'hui, en ce mois de janvier 2015, une grille de lecture nouvelle est venue ajouter une ardente obligation à notre propos : montrer combien cette parole sur l'art s'exprime comme une composante de la liberté. La défense des artistes contre  toutes les agressions est aussi une parole à porter plus haut et plus fort pour que leur création s'exprime sans restriction. La liberté ne s'use que si l'on ne s'en sert pas.

Exposition "Pierre Tilman, la parole est d'Art"

Logo festival 3 copie Festival La parole est d'Art
Du 16 janvier au 2 février 2015
Vernissage le 16 janvier à 18 h
avec une lecture-performance de l'artiste
Galerie le Garage
9 rue de Bourgogne
45000 Orléans

J'écris ton nom liberté

Tissinier aragon

Jacques Tissinier : Collège Aubervilliers hommage à Paul Eluard

Au moment où le drame frappe notamment les journalistes de Charlie Hebdo, on mesure combien la parole sur l'art, la parole des artistes participent à la préservation de ce bien précieux : la liberté d'expression. Ecrite, parlée, cette parole constitue notre bien commun.

La parole militante : les Malassis

Malassis

" La Coopérative des MALASSIS comprenait cinq peintres: CUECO, FLEURY, LATIL, PARRE, TISSERAND. Rien n'est différent, en apparence, de ce qui se passe dans une coopérative laitière ou artisanale: mise en commun de locaux, de matériel, de compétences techniques etc...; mais en réalité, il s'agit d'une association de pein­tres s'efforçant, par une pratique poussée de création collective, de rechercher ou d'approfon­dir de nouvelles formes d'art politique.
La coopérative des Malassis est issue du salon de la jeune peinture dont le rôle a été prépondérant en France avant 1968, et en 1968 même. Les premiers écrits ou travaux de la Jeune Peinture témoignent dès 1966 de la conscience claire d'une crise idéologique et de la nécessité de repenser le rôle des artistes et de leurs pro­duits en termes politiques. La crise de mai 1968 a illustré et fait mûrir ces points de vue donnant à la Jeune Peinture une position d'avant garde. Dès 1967 en effet les peintres du " La Coopérative des MALASSIS comprend cinq peintres: CUECO, FLEURY, LATIL, PARRE, TISSERAND. Rien n'est différend, en apparence, de ce qui se passe dans une coopérative laitière ou artisanale: mise en commun de locaux, de matériel, de compétences techniques etc...; mais en réalité, il s'agit d'une association de pein­tres s'efforçant, par une pratique poussée de création collective, de rechercher ou d'approfon­dir de nouvelles formes d'art politique.
La coopérative des Malassis est issue du salon de la jeune peinture dont le rôle a été prépondérant en France avant 1968, et en 1968 même. Les premiers écrits ou travaux de la Jeune Peinture témoignent dès 1966 de la conscience claire d'une crise idéologique et de la nécessité de repenser le rôle des artistes et de leurs pro­duits en termes politiques. La crise de mai 1968 a illustré et fait mûrir ces points de vue donnant à la Jeune Peinture une position d'avant garde. Dès 1967 en effet les peintres du salon de la jeune peinture affirmaient:
La nécessité de dépasser la conception esthé­tique en ne lui donnant comme fonction que le seul rôle de véhicule du langage pictural.
La nécessité d'affirmer la prééminence du con­tenu politique de classe.
La nécessité de développer la pratique de grou­pe en soumettant le travail individuel à la vision critique du groupe."

Source : catalogue de la galleria Ciak à Rome en 1973


Herni Cueco, seul témoin vivant de la copérative des Malassis, a poursuivi son oeuvre personnelle. Témoignant sur ce chemin redevenu solitaire, le peintre s’exprime avec beaucoup de simplicité ; on le sent toujours en quête d’interrogation sur son travail, presque étonné de son développement.



 

Henri Cueco Encyclopédie audiovisuelle de l'art contemporain

http://imago.imago.perso.sfr.fr/cueco.htm

Les Malassis,
une coopérative de peintres toxiques (1968-81)
du 18 octobre 2014 au 8 février 2015


Musée des Beaux-Arts de Dole
85 rue des Arènes - 39100 Dole
 

 

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